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Un soldat français, pendant l’opération Barkhane, à Gao, le 1er août 2019. © Benoit Tessier/REUTERS

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France-Mali : Paris et Bamako à l’heure de la rupture

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Mali : Air France reprend ses vols vers Bamako

D’abord refusée par l’Élysée, la fin de la suspension des vols de la compagnie française vers le Mali a été actée. Le fruit d’un intense lobbying. Explications.

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Mis à jour le 15 février 2022 à 14:59

Un avion d’Air France sur le tarmac de Bamako, en mars 2021. A Malian soldier guards the tarmac as doses of the Oxford/AstraZeneca COVID-19 vaccine arrive at the airport in Bamako, Mali, on March 5, 2021, as a part of the COVAX program © ANNIE RISEMBERG/AFP

Le 10 janvier, au lendemain de la décision des chefs d’État de la Cedeao de fermer leurs frontières avec le Mali, Air France avait interrompu ses 14 vols hebdomadaires vers Bamako. Comme l’avait révélé Jeune Afrique le 25 janvier, Emmanuel Macron avait fait savoir aux dirigeants de la compagnie, détenue à 14 % par l’État français, qu’il ne souhaitait pas, compte tenu des sévères sanctions prises par l’organisation sous-régionale, que les liaisons vers cette destination reprennent dans l’immédiat.

Notes à l’Élysée

Selon nos informations, Air France desservira à nouveau le pays à partir du 17 février. La fréquence de ces vols n’a pas encore été actée et devrait être précisée dans les prochains jours. Cette décision a été prise le 11 février. Les équipages iront exceptionnellement passer la nuit à Nouakchott, où l’aviation civile mauritanienne a donné son accord. Le Quai d’Orsay l’interdit depuis plusieurs années, mais Air France a exceptionnellement obtenu le feu vert du ministère français des Affaires étrangères. Le personnel de la compagnie ne peut plus dormir au Mali, au Burkina et au Niger où la menace terroriste est jugée trop importante.

Si l’Élysée prédisait initialement une interruption de plusieurs mois, Joël Meyer, toujours ambassadeur de France à Bamako en dépit de son expulsion par la junte militaire malienne le 31 janvier, aurait efficacement plaidé pour la levée de cette sanction. Il a envoyé ces dernières semaines plusieurs notes en ce sens à destination de la présidence française et du Quai d’Orsay.

La volonté de reprise du dialogue au sein de la Cedeao, favorisée par la médiation de l’Union africaine (UA) menée par le président de la Commission Moussa Faki Mahamat, a encouragé cet assouplissement de la part des autorités françaises. Depuis l’arrêt des vols d’Air France, les passagers souhaitant quitter Bamako pouvaient toujours emprunter les avions de Turkish Airlines, d’Ethiopian Airlines, de Mauritania Airlines et de la compagnie locale Sky Mali.