Politique

Sénégal : libération des sept soldats détenus par le MFDC

Capturés par des rebelles casamançais lors d’affrontements particulièrement violents survenus le 24 janvier dernier, ils ont été remis en liberté du côté gambien de la frontière et paraissent en bonne santé.

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Mis à jour le 14 février 2022 à 17:56

Un partisan du MFDC au siège du mouvement, à Ziguinchor, le 11 février 2021. © JOHN WESSELS/AFP

Les rebelles casamançais ont libéré, ce lundi, les sept soldats sénégalais qu’ils retenaient depuis l’affrontement meurtrier du 24 janvier dernier. Les prisonniers ont été libérés du côté gambien de la frontière.

Membres de la mission militaire ouest-africaine en Gambie (Ecomig), les soldats sénégalais ont été amenés près du village gambien de Bajagar, où les attendaient des représentants de la Cedeao, de l’armée gambienne et de l’organisation italienne Sant’Egidio. Apparemment en bonne santé, ils sont ensuite partis à bord de véhicules de la Croix-Rouge.

Ils avaient été capturés à la fin du mois de janvier par des hommes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) lors d’un affrontement au cours duquel quatre soldats avaient été tués, selon l’armée sénégalaise.

Trafiquants de bois

Les violences, décrites comme les plus graves qui soient survenues depuis plusieurs années, ont eu lieu à proximité de la frontière gambienne, au sud du village de Bwiam. Selon nos informations, un camion de trafiquants chargé de bois a été intercepté par un détachement sénégalais de la mission ouest-africaine déployée en Gambie depuis 2017. Les trafiquants ont alors rebroussé chemin en direction du territoire sénégalais, pénétrant dans la zone contrôlée par le chef rebelle Salif Sadio. C’est là que les combats entre le MFDC et les militaires ont éclaté.

Les discussions avec la branche nord du MFDC, contrôlée par Sadio, très isolé, semblent depuis au point mort

En 2011, les rebelles casamançais avaient déjà fait prisonniers des soldats. Lesquels avaient été libérés plus d’un an après, en décembre 2012, à la suite d’une médiation de Sant’Egidio, très impliquée dans la résolution du conflit.

En 2019, Salif Sadio avait dénoncé des négociations avec l’État sénégalais qui « piétinaient », dans le cadre du processus entamé par le président Macky Sall. Les discussions avec la branche nord du MFDC, contrôlée par Sadio, très isolé, semblent depuis au point mort.

La Casamance est le théâtre d’un des plus vieux conflits d’Afrique depuis que des indépendantistes ont pris le maquis après la répression d’une marche en décembre 1982.  Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l’économie, le conflit a persisté à basse intensité. Le Sénégal s’emploie à normaliser la situation et a entrepris de réinstaller les déplacés.

Avec AFP