Politique

Côte d’Ivoire : vives tensions entre Stéphane Ouégnin et Charles-Emmanuel Yacé à la Fédération d’équitation

À Abidjan, des clubs d’équitation continuent d’être affiliés à la France… Au grand dam du président de la Fédération ivoirienne, qui souhaite les ramener dans son giron. Ce conflit s’est déjà déplacé sur le terrain judiciaire. Explications.

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Mis à jour le 14 février 2022 à 17:47

Le président de la Fédération ivoirienne d’équitation, Stéphane Ouégnin. © DR.

Un bras de fer oppose la Fédération ivoirienne d’équitation (FIE), dirigée par Stéphane Ouégnin, à des clubs directement affiliés à la Fédération française d’équitation (FFE), dont le porte-parole est Charles-Emmanuel Yacé.

Le fils de Georges Ouégnin – l’ancien directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny – leur a demandé de se mettre en conformité avec les textes en s’affiliant à la FIE et en cessant d’organiser des compétitions indépendamment de celle-ci et sans son autorisation. Il a également saisi Serge Lecomte, le président de la FFE, ainsi que Paulin Claude Danho, le ministre ivoirien de la Promotion des sports.

« Ingérence française »

Pour tenter de mettre un terme à ce conflit, le ministre s’est personnellement impliqué. La Côte d’Ivoire, qui veut faire du sport l’un des piliers de son développement économique, mise en effet beaucoup sur l’équitation. C’est également dans cette optique que la FIE a obtenu une affiliation à l’international en 2019, peu après l’arrivée de Stéphane Ouégnin à sa tête. Il a par ailleurs été réélu en 2021 pour, cette fois, un mandat de quatre ans.

En parallèle de la médiation menée par Paulin Claude Danho, le directeur général des Sports, Bertin Koffi, a rencontré à plusieurs reprises les deux camps. Mais les clubs dissidents ne se sont pas présentés aux rencontres censées réunir tous les protagonistes.

Le bureau de la FIE a alors saisi les instances internationales afin d’alerter sur ce qu’elle considère comme une « ingérence » de Paris. La Côte d’Ivoire ayant une fédération reconnue, l’affiliation de clubs à la France fait grincer des dents. Agacées, les autorités sportives ivoiriennes ne voient pas de raison valable à ce blocage, qui persiste malgré les tentatives de conciliation. Saisi par la FIE, le président du Comité national olympique de Côte d’Ivoire, Lassana Palenfo, a envoyé un courrier à la Fédération équestre internationale le 28 décembre.

« Les associations sportives sont soumises à la législation ivoirienne et ne peuvent donc être régies par une loi étrangère, écrit-il. En s’affiliant à la Fédération française d’équitation, les clubs susvisés violent la loi ivoirienne sur le sport […]. L’organisation de compétitions sportives sans l’autorisation de la FIE est faite en violation de la loi sur le sport. »

La bataille est devenue judiciaire. En janvier 2021, le tribunal de première instance d’Abidjan a estimé que la plainte de la FIE était fondée et a ordonné la cessation des troubles engendrés par les manifestations sportives équestres organisées par les clubs dissidents, sous peine d’une pénalité de 200 000 francs CFA (environ 300 euros) par jour de retard. Les clubs en rupture de ban ont fait un appel. La procédure est en cours.