Économie

Finance, dette, climat : la Banque mondiale répond à « Jeune Afrique »

Suite à un article de Patrick Smith, rédacteur en chef de « The Africa Report » (groupe Jeune Afrique) concernant la finance en Afrique, la Banque mondiale a adressé ce droit de réponse que nous publions.

Mis à jour le 11 février 2022 à 18:38
David Theis

Par David Theis

Porte parole, Banque mondiale

La construction de la centrale solaire de Lamberts Bay, en Afrique du Sud, en 2016. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Votre article de Patrick Smith [« En Afrique, la finance mondiale n’est pas à la hauteur »] est tout simplement inexact en ce qui concerne le travail du Groupe de la Banque mondiale sur la pandémie, le climat et la dette.

Depuis le début de la crise du Covid-19, nous avons pris des mesures rapides et de grande envergure pour aider les pays en développement à renforcer leur réponse à la pandémie, à accroître la surveillance des maladies, à améliorer les interventions de santé publique et à aider le secteur privé à poursuivre ses activités et à maintenir des emplois.

Au cours de cette période, les prêts de la Banque mondiale au continent africain ont représenté en moyenne plus d’un tiers de notre portefeuille total pour 2020-2021, atteignant un total de 57 milliards de dollars d’engagements. En 2021, les prêts à l’Afrique sont passés à près de 50 % de notre total – un record de 30 milliards de dollars. Cette montée en puissance des engagements représente un financement bien plus importante que celle de toutes les autres organisations multilatérales réunies.

L’envolée des financements reflète les engagements importants de la Banque mondiale en Afrique francophone, dans la Corne de l’Afrique et au Sahel. En 2021, le soutien de l’IDA à l’Afrique francophone s’est élevé à 10,5 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de près de 60 % par rapport aux niveaux antérieurs au Covid-19. Dans la Corne de l’Afrique, le soutien de l’IDA a atteint 3,3 milliards de dollars en 2021, contre 1 milliard de dollars en 2019. Au Sahel, l’IDA a engagé 2,3 milliards de dollars en 2021, en hausse par rapport à la moyenne annuelle d’un milliard de dollars avant la crise.

En ce qui concerne le climat, le Groupe de la Banque mondiale est la source la plus importante pour les pays en développement, fournissant plus de 109 milliards de dollars de financement climatique entre 2016 et 2021. Pour la seule année 2021, la Banque a fourni un montant record de 21,2 milliards de dollars pour le climat, dont 8,3 milliards de dollars pour aider les pays d’Afrique à atténuer les effets du changement climatique et à s’y adapter.

Et nous avons l’intention d’aller plus loin. Dans le cadre de notre Plan d’action sur le changement climatique, nous nous sommes engagés à fournir 25 milliards de dollars en moyenne de financement annuel entre 2021 et 2025, pour des initiatives qui réduisent les émissions de GES et favorisent l’adaptation tout en réduisant la pauvreté et les inégalités et en améliorant les résultats du développement.

En ce qui concerne l’allègement de la dette, la Banque mondiale a été l’une des premières institutions mondiales à s’inquiéter de la hausse des niveaux d’endettement des pays les plus pauvres, avertissant plus d’un an avant l’arrivée de Covid-19 que les niveaux d’endettement devenaient insoutenables.

Sous la présidence de David Malpass, la Banque a joué un rôle essentiel en aidant le G20 à mettre en place l’Initiative de suspension du service de la dette (ISDS) et le Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de l’ISDS. Une fois l’ISDS établie en mai 2020, nous avons plaidé en faveur de plusieurs prolongations jusqu’à ce que l’initiative expire finalement à la fin de 2021. D’avril 2020 à décembre 2021, la Banque mondiale a engagé 44,4 milliards de dollars de financement pour les pays participant à la ISDS – dont 16,1 milliards sous forme de dons. Nous avons déjà déboursé 27,2 milliards de dollars – dont 7,6 milliards de dollars de dons – à ces pays.