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Diversité, une hypocrisie française

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Élisabeth Moreno-Kofi Yamgnane : « Nous n’avons pas choisi la France par masochisme »

« Diversité, une hypocrisie française » (1/7). L’une est ministre d’Emmanuel Macron, l’autre a été secrétaire d’État sous François Mitterrand. Tous deux symbolisent, à une génération d’intervalle, une certaine forme de réussite républicaine et d’intégration à la française. Avec complicité, ils comparent leurs expériences.

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Mis à jour le 7 mars 2022 à 07:35

Élisabeth Moreno et Kofi Yamgnane. © Montage JA; Bruno Lévy; Bruno Lévy pour JA

Né au Togo en 1945, Kofi Yamgnane est arrivé en France en 1969 pour y poursuivre ses études. Il s’y est marié, a milité, a été élu maire de son village breton mais aussi conseiller général, régional, puis député. Quant à sa cadette, Élisabeth Moreno, elle a vu le jour au Cap-Vert en 1970. Sa famille a rejoint la France en 1977, et, après des études de droit, elle a créé son entreprise avant de prendre la tête des filiales de grands groupes informatiques. Leur point commun : ils font partie des rares Français originaires d’Afrique subsaharienne à avoir occupé un poste ministériel. C’était en 1991 pour M. Yamgnane, lorsqu’il a été nommé secrétaire d’État chargé de l’Intégration. Mme Moreno, elle, est ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, à la Diversité et à l’Égalité des chances depuis 2020.

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Jeune Afrique les a réunis pour évoquer leur parcours et leur expérience ministérielle, à trente ans d’intervalle. Éloignement géographique et mesures sanitaires obligent, l’entretien s’est déroulé en visioconférence, la ministre siégeant dans son bureau parisien tandis que l’ex-maire de Saint-Coulitz – que Mme Moreno appelle « grand frère » – se connectait depuis sa maison bretonne.

Dans son bureau, un magnifique masque bassar est fixé au mur, et Kofi Yamgnane a tenu à nous en expliquer la signification. « On l’appelle “le masque du vainqueur”, et on n’a le droit de le porter que quand on a tué un ennemi. Moi, je n’ai jamais tué personne, mais j’ai eu le droit d’en avoir un parce que j’ai vaincu le Blanc chez lui. »

Jeune Afrique : Vous êtes tous les deux nés en Afrique subsaharienne, et avez tous les deux été ministres à trente ans d’intervalle. Quel regard chacun d’entre vous porte-t-il sur le parcours de l’autre ?

Kofi Yamgnane : J’admire Élisabeth Moreno, que je connaissais en tant que grande entrepreneuse. Moi, je n’ai pas eu tout à fait ce parcours-là : j’étais juste un petit fonctionnaire et un militant politique. À la demande des paysans de mon village du Finistère, j’ai eu l’occasion d’en devenir le maire à la fin des années 1980. Mais je ne m’attendais pas du tout à entrer un jour au gouvernement de la République française. Tandis qu’Élisabeth est plutôt issue de la société civile pure. Elle est arrivée par la « force des bras », c’est-à-dire par le mérite.

Élisabeth Moreno : Quand Kofi a été élu, j’avais 26 ans. À l’époque, les personnalités noires arrivées aux plus hauts postes de l’État qui pouvaient me servir de modèles étaient rares. Rien, à part quelques hauts fonctionnaires, et la plupart d’entre eux étaient antillais. Avec Kofi – un peu comme avec Barack Obama quand il a été élu –, les parents immigrés ont enfin pu dire à leurs enfants : si tu travailles bien à l’école, un jour tu pourras devenir président de la France. Même ceux qui ne sont pas nés dans ce pays peuvent y occuper les plus grandes responsabilités. Ce que Kofi faisait, en plus avec cette majesté que les sages africains peuvent avoir sur le continent. Donc pour moi, oui, c’est véritablement un modèle, et c’est la raison pour laquelle il est l’une des premières personnes que j’ai appelées pour me conseiller lorsque je suis arrivée dans mon ministère.

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Aviez-vous déjà des ambitions politiques à cette époque ?

E.M. : Pas du tout ! C’est en entrant dans la vie politique que j’ai découvert que j’en faisais depuis quarante ans sans le savoir. Parce que j’ai toujours été très engagée dans la vie associative, j’ai toujours milité pour les droits des femmes, pour l’intégration des enfants d’immigrés, pour l’intégration des jeunes défavorisés. J’aidais les gamins des quartiers populaires à faire leur CV, à prendre une bonne posture lors des entretiens d’embauche, etc. Mais à cet âge-là, en temps que femme noire, je n’imaginais pas du tout qu’un jour je pourrais entrer en politique, et encore moins y réussir.

K.Y. : Mon itinéraire est différent. Je m’intéressais à la politique parce que je suis né au moment où les pays africains conquéraient leur indépendance. J’étais en classe de première quand Mandela a été jeté en prison, et j’étais conscient des problèmes que nous avions par rapport à nos colonisateurs. Si je suis venu en France, c’était pour mes études supérieures. Mon but était de rentrer au Togo pour y faire de la politique. Je trouvais qu’on utilisait mal nos moyens, que le Blanc avait certes quitté notre sol, mais qu’entre nous, les Noirs, on ne se débrouillait pas si bien que ça. J’étais surtout persuadé que j’avais mon mot à dire. Mais, finalement, c’est en France que je me suis lancé en politique, et non au Togo. C’est un crève-cœur pour moi, car je continue à penser que l’Afrique aurait besoin d’être encouragée, d’être tirée vers le haut.

Concrètement, comment se retrouve-t-on ministre ?

E.M. : Au départ, je voulais être avocate pour défendre la veuve et l’orphelin. Mais finalement, les hasards de la vie et les difficultés m’ont poussée à laisser ce rêve de côté. Et comme je voulais véritablement aider ma famille, la mettre à l’abri financièrement, j’ai créé ma société. Puis je suis entrée dans de grands groupes et j’ai déroulé ma carrière comme ça, en me disant que je la finirais dans le monde de l’entreprise. Lorsque Jean Castex m’a contactée pour me charger des questions d’égalité entre les femmes et les hommes, de diversité et d’égalité des chances, je n’ai évidemment pas pu refuser. Parce que c’est un pays que j’aime, qui a permis à ma famille de couler une existence différente, probablement meilleure que ce qu’elle aurait été si nous étions restés sur le continent.

Est-ce que mon genre, mon origine sociale ou ma couleur de peau sont entrés en ligne de compte dans ma nomination ? Je l’ignore complètement. Et, à la limite, je m’en fiche, parce que je crois qu’on est tous choisis pour quelque chose. Mon grand frère disait que je me suis faite à la force du poignet, et c’est vrai… On parle souvent d’ascenseur social. Pour ma part, j’ai surtout pris des escaliers parce que personne ne croyait en moi, personne n’aurait misé sur moi. J’ai donc dû travailler dur pour en arriver là.

J’ai cru comprendre que vous faisiez des choses intéressantes dans votre petit village breton, me dit Mitterrand, je vous demande de venir le faire au niveau national”

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Quant à vous, M. Yamgnane, vous avez souvent dit que le président Mitterrand avait clairement voulu faire de vous un symbole…

K.Y. : Absolument. J’ai été élu maire de Saint-Coulitz en 1989, c’est-à-dire l’année non pas du bicentenaire de la Révolution française, mais de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Quand les journaux ont titré « Voilà la France que nous aimons », cela n’a pas échappé à Mitterrand, qui était très fort en termes d’utilisation, de manipulation des symboles. Puis j’ai créé le conseil des sages, qui visait à faire participer les personnes les plus âgées à la vie communale, et les journaux s’en sont de nouveau emparés… C’est alors que Mme Mitterrand m’a appelé pour me demander si elle pouvait venir assister à un des ces conseils. Ce à quoi j’ai répondu : « Bien sûr, vous en avez l’âge, vous pouvez venir. » J’imagine qu’elle a dû en parler à son mari, qui m’a téléphoné quelques jours après pour me dire : « J’ai cru comprendre que vous faisiez des choses intéressantes dans votre petit village breton. Je vous demande de venir le faire au niveau national et vous nomme ministre de la République. »

Un échange qui a duré deux minutes ! Je n’ai eu à dire ni oui ni non, il avait raccroché. Mais c’était très valorisant pour moi, comme ça l’était pour la France et pour Saint-Coulitz. Certains de mes électeurs m’ont certes reproché d’être parti à Paris, mais ils s’en sont expliqués avec le président : une délégation est allée le voir, et je crois qu’il les a convaincus…

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Trente ans plus tard, estimez-vous que les progrès accomplis en termes de représentation des minorités dans la classe politique française ont été importants ?

K.Y. : On ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle, mais elle est bien meilleure que de mon temps… Quand j’étais député, j’étais le seul élu issu de l’Afrique post-coloniale à l’Assemblée nationale, sur 577 personnes ! Aujourd’hui, grâce à la volonté d’Emmanuel Macron – et sans doute grâce au travail de personnalités comme Élisabeth –, il y a beaucoup plus de députés issus de la diversité. C’est mieux, mais ce n’est pas encore assez. La France compte 7 % d’immigrés. Une proportion que l’on ne retrouve pas chez les députés ou les sénateurs…

Il éminemment important pour notre pays de recourir à tous ses talents. Mettre de côté 7 % de la population est mortifère

E.M. : Pendant longtemps, la vie politique française a été structurée autour de partis ayant des modes de désignation très spécifiques. Les personnes d’origine africaine avaient moins de réseaux et n’étaient donc pas en capacité d’obtenir les soutiens nécessaires pour être élues ni même de devenir candidates. Et quand ces personnes ont intégré le gouvernement – qu’il s’agisse de Kofi, mais aussi de Rama Yade ou de Rachida Dati sous Nicolas Sarkozy –, ça a été la volonté d’un homme qui a voulu les utiliser comme des symboles.

J’étais réservé sur la discrimination positive, mais on n’aurait jamais vu autant de femmes en politique sans la loi sur la parité

Je crois que, depuis 2017, la situation est devenue fondamentalement différente grâce à Emmanuel Macron. Et, dans une moindre mesure, à Jean-Luc Mélenchon. De nouveaux mouvements politiques se sont mis en place, qui ont tout balayé et cassé les codes des partis traditionnels. Ces mouvements sont allés chercher des personnes de la société civile qui avaient la volonté de participer, mais n’auraient eu aucune chance d’émerger auparavant en raison du plafond de verre. Personnellement, je ne l’ai pas vécu, mais j’ai entendu beaucoup de personnes l’évoquer, qu’elles soient d’origine antillaise ou africaine. Or il éminemment important pour notre pays de recourir à ces talents. Mettre de côté 7 % de la population est mortifère.

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Êtes-vous favorables à une forme de discrimination positive pour résoudre cette problématique du plafond de verre  ?

K.Y. : Quand l’obligation de parité hommes/femmes sur les listes électorales a été votée, j’étais député. À cette époque – et je l’avais dit à Jospin –, j’avais trouvé cette mesure assez dérisoire. Mais, par la suite, je me suis rendu compte qu’elle avait fonctionné. On n’aurait jamais vu autant de femmes en politique si cette loi n’avait pas existé, je suis bien obligé de le constater.

E.M. : Je suis entièrement d’accord avec Kofi, et en même temps je m’interroge : en France, on est effectivement passé de 9 % à 45 % de femmes dans les conseils d’administration à la suite de loi Coppé-Zimmerman – et cela, en dix ans. Je l’ai expérimenté ! Les chefs d’entreprise me disaient : « Bien sûr on est ouvert à la diversité, mais, tu comprends, c’est un sujet très sensible. On ne sait pas comment la porter sans choquer nos collaborateurs. On veut des femmes, mais on n’en trouve pas… » Et tout à coup, avec la loi, on finit par en trouver… Donc je pense qu’effectivement les quotas peuvent faire avancer les choses.

Mais cela ne me semble pas suffisant. J’ai récemment rencontré une jeune femme qui a fait Sciences Po, brillante, qui a parfaitement réussi et qui m’a dit : « Mme la ministre, je vois tout ce que vous faites pour pousser les questions de diversité dans le monde de l’entreprise. Mais moi, je suis une femme noire et je ne veux pas être recrutée parce que je suis une femme noire. Je veux être recrutée parce que je suis compétente. Je n’ai pas envie qu’on me dise “oui mais toi, tu es le quota”. » C’est humiliant pour une personne de penser que c’est son seul moyen d’être recrutée.

Lorsque l’on souffre du syndrome de l’imposteur, la réussite nous fait un peu culpabiliser…

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Certaines personnes issues de l’immigration avouent aussi qu’elles n’osent pas se présenter à certains postes, en vertu de l’autodépréciation. Cela vous parle-t-il ?

E.M. : C’est une réalité que j’ai expérimentée toute ma vie. Enfin, plus maintenant, mais le syndrome de l’autocensure et celui de l’imposteur m’ont poursuivie jusqu’à l’âge d’environ 35 ans, quand j’ai commencé à réussir au-delà de mes propres attentes. Je viens d’un milieu très modeste, où l’on vous explique qu’il ne faut pas rêver trop grand, qu’il faut déjà s’estimer heureux de s’en sortir, d’avoir trouvé sa place, de pouvoir nourrir ses enfants… En plus, je suis une fille et l’Afrique est un continent très patriarcal. Ma mère m’a élevée pour que je sois une bonne épouse, une bonne mère de famille, une bonne fille, une bonne belle-fille, certainement pas pour que je prenne la tête d’une entreprise, et encore moins pour que j’aie des aspirations politiques.

Donc oui, j’ai longtemps été dans l’autocensure, mais ce n’est pas uniquement le lot des personnes issues de l’immigration. Les jeunes filles qui grandissent dans une zone rurale ont également l’impression que certaines choses ne sont pas faites pour elles. Or, lorsque l’on souffre du syndrome de l’imposteur ou que l’on est confronté plus que de moyenne aux discriminations, la réussite nous fait un peu culpabiliser… J’aime beaucoup la citation de Toni Morrison qui dit, en substance, que si vous avez envie de voler, il faut poser les bagages qui vous empêchent de vous élever. Or je considère que nous, les personnes issues de l’immigration, nous portons beaucoup de bagages. Et c’est pour cela que je crois beaucoup aux role models comme Kofi, qui nous montrent qu’atteindre nos rêves est possible.

K.Y. : Bien entendu, cette question me parle. Nous concernant, il y a en plus le fait que nous sommes issus de peuples dominés. Et que nous vivons aujourd’hui chez l’ancien dominateur. On nous le fait sentir. On m’a dit et on m’a écrit : « Sale gros singe, retourne dans ton arbre ! » Alors, si on me dit ça à moi, malgré ce que je suis – un ingénieur diplômé de l’École des Mines, maire, conseiller général, député, ministre… –, vous imaginez ce qu’expérimentent les petits jeunes qui sont derrière ! Quand j’ai été élu en 1989, j’ai pensé que ça allait être très beau. Je me disais : « En 1995, renouvellement des conseillers municipaux, on va voir beaucoup d’hommes et de femmes issus de l’immigration devenir maires en France. » Personne… En 2001, rebelote : personne. En 2008, toujours personne. Puis en 2014, un élu en Aveyron. En 2020, l’homme est réélu, et il y a une jeune fille dans l’Oise, d’origine mauritanienne je crois. Ces résultats ne sont pas encourageants. J’avais cru que beaucoup de gens allaient me suivre, mais cela na pas été le cas. Ce qui m’amène à me dire : « Kofi, tu as échoué ».

E.M. : Non Kofi, tu n’as pas échoué. Ce que tu ne vois pas, ce sont toutes ces personnes à qui tu as donné de l’espoir et à qui tu as montré que ce plafond de verre pouvait être brisé. Moi aussi, je reçois beaucoup de courriers racistes, les réseaux sociaux facilitent cela. Mais je reçois beaucoup plus de messages d’amour et d’encouragement.

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Rarement campagne électorale aura offert autant de place à l’extrême droite et aux messages xénophobes ou racistes que celle de 2022. N’est-ce pas contradictoire avec le sentiment que la situation s’améliore, que la diversité est mieux acceptée et mieux représentée qu’avant ?

K.Y. : C’est vrai qu’il y a une contradiction, mais il ne faut pas exagérer le phénomène. La famille de Mme Le Pen est bretonne et, en Bretagne, ni le Front national ni le Rassemblement national n’ont bonne presse. C’est sans doute la région où les gens se laissent le moins tromper. Quant à Zemmour, il a un problème personnel important. Il n’est pas encore sorti de la guerre d’Algérie. Il est frustré parce que ses parents se sont fait virer du pays. C’est ça qui le tient, c’est un revanchard.

Mais il faut mettre en garde les Français : imaginons que, devenu président de la République, il renvoie tous les immigrés chez eux… Qui fera le travail qu’ils accomplissent ici ? Et, quand ils vont rentrer chez eux, que vont-ils faire ? Ils vont chasser les Français. Lorsque la situation s’est gâtée en Côte d’Ivoire en 2004, à la suite du bombardement de Bouaké, on a vu des milliers de Français arriver à Roissy et qui ne savaient plus où ils en étaient. Ils vivaient comme des nababs dans le pays, et une fois revenus ici, ils se sont retrouvés au RMI. Zemmour et Le Pen ne savent pas dans quel engrenage ils mettent le doigt.

Zemmour imagine un pays qui non seulement n’a jamais existé, mais qui n’existera jamais

E.M. : Je pense que si Zemmour aimait la France, il ne proposerait pas un centième de ce qu’il est en train de proposer. Parce qu’il n’attaque pas que les immigrés : il veut aussi renvoyer les femmes à la maison, mettre les enfants en situation de handicap dans des écoles spécialisées, lutter contre le « lobby LGBT »… En fait, Zemmour est en train de couper le pays de la moitié de ses habitants. Cette folie est évidemment liée à son histoire personnelle, chacun de nous a la sienne… Mais un juif qui cherche à réhabiliter Pétain ? Qui remet en question l’histoire de Dreyfus ? C’est d’une absurdité sans nom.

Reste que malgré ces débats nauséabonds, il y a pléthore de sondages qui montrent que la question de l’immigration n’est pas la première préoccupation des Français. Ce qui les intéresse, c’est leur pouvoir d’achat, l’éducation de leurs enfants, comment leurs aînés vont vieillir, la sécurité… Certaines personnes ont juste tellement soif de pouvoir qu’elles sont prêtes à mettre l’Hexagone à feu et à sang pour montrer qu’elles existent. Ces gens-là imaginent un pays qui non seulement n’a jamais existé, mais qui n’existera jamais.

Vous avez devant vous deux personnes qui ont choisi la France, et ce n’est pas par masochisme. Je suis fatiguée d’entendre en permanence que ce pays est raciste. Ne le limitons pas aux tweets ravageurs d’Éric Zemmour ou aux phrases haineuses de Mme Le Pen. Est-ce qu’il y a des personnes racistes en France ? Oui. Est-ce que la France est raciste ? Non.


« Diversité, une hypocrisie française » :

• Lundi 28 février : « Nous n’avons pas choisi la France par masochisme », l’entretien croisé d’Élisabeth Moreno et Kofi Yamgnane

• Mardi 1er mars : [Décryptage] Égalité, fraternité, racisme : la France, République des paradoxes

• Mercredi 2 mars : Présidentielle française : où se cache l’Afrique dans les programmes des candidats ?

• Jeudi 3 mars : [Fact-checking] Racisme en France : « grand remplacement » et autres clichés sur l’immigration à l’épreuve des faits

• Vendredi 4 mars : Diversité des élites en France : l’indispensable réforme des grandes écoles

• Samedi 5 mars : Maboula Soumahoro : « Il ne suffit pas de se déclarer universaliste »

• Dimanche 6 mars : [Reportage] Retour aux sources avec les « repats » d’Afrique de l’Ouest