Économie

Investissements : la grande opération séduction de Dakar

Amadou Bâ a été nommé ministre de l'Économie et des Finances du Sénégal en septembre 2013.

Amadou Bâ a été nommé ministre de l'Économie et des Finances du Sénégal en septembre 2013. © DGID

À quelques semaines de sa rencontre avec les investisseurs internationaux à Paris, le ministre de l’Économie et des Finances du Sénégal fait la tournée des partenaires au développement. Objectif : leur présenter la nouvelle stratégie économique du pays, le « Plan Sénégal Émergent » (PSE)

L’équation est simple mais sa résolution ne paraît guère aisée. Comment le Sénégal peut-il atteindre un taux de croissance annuel d’au moins 7% au cours des dix prochaines années ? Dans quels secteurs faut-il investir pour relancer durablement l’économie et changer le quotidien des Sénégalais ?

Nommé ministre de l’Économie et des Finances en septembre 2013, Amadou Ba assure que les autorités sénégalaises ont pris ces questions à bras le corps. « Car, concède-t-il, aujourd’hui, nous réalisons un taux de croissance assez faible par rapport à notre environnement immédiat, les autres pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Là où les autres font 6 à 7% de croissance par an, le Sénégal peine à dépasser les 4%. » Pourtant, les atouts du pays ne sont pas négligeables : une situation géographique avantageuse, une population jeune, une stabilité politique et une assez bonne gouvernance.

Validation et partage

Aussi le gouvernement sénégalais tente de mettre en oeuvre un nouveau plan de développement pour donner un coup d’accélérateur à l’économie du pays. Dénommé « Plan Sénégal Émergent » (PSE), ce programme, qui mise particulièrement sur la relance des secteurs de l’énergie, de l’agriculture et des mines, a fait l’objet d’une discussion ce mercredi 22 janvier entre les économistes de l’OCDE et Amadou Ba.

Dans quelle optique ? « Nous voulons savoir la perception et la compréhension qu’ils ont de notre stratégie économique. Et surtout en termes de comparaison, savoir en quoi ce que nous voulons faire aujourd’hui a été mieux réalisé (ou créé des difficultés) ailleurs. L’OCDE permet d’avoir assez rapidement ces informations et de pourvoir mieux décider », répond Amadou Ba.

« Sénégal émergent »

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La rencontre avec les économistes de l’OCDE est d’autant plus importante que le Sénégal prépare une réunion avec le Groupe consultatif de Paris les 24 et 25 février prochains (elle avait été initialement prévue pour octobre 2013). Une réunion au cours de laquelle, le pays compte lever « 1 853 milliards de F CFA [3,8 milliards d’euros] auprès des partenaires techniques et financiers (Banque mondiale, Union européenne, etc.) », affirme le ministre.

Mais le Sénégal compte aussi mobiliser, à cette même occasion, quelques 1 200 milliards de francs CFA ( environ 2,5 milliards d’euros) auprès des investisseurs privés. En fait, “nous sommes dans une phase de validation et de partage de notre nouvelle stratégie avec toute la communauté internationale”, explique Amadou Ba.

Avant l’OCDE, il a rencontré le FMI et la Banque mondiale. “Il fallait voir avec le Fonds monétaire si la stratégie que nous poursuivons est soutenable en termes de dette à moyen terme. Si nous devons nous engager dans des investissements importants nous devons surveiller notre déficit, étant entendu que nous sommes dans une tendance baissière”, a-t-il ajouté. De 6,7% du PIB en 2012, le déficit budgétaire du pays est aujourd’hui de 5,4% et devrait atteindre 4,9%. « Sur ces questions extrêmement importantes nous sommes en accord avec le Fonds monétaire et la Banque mondiale », assure le ministre.

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