Aziz Akhannouch, le patron du RNI, à Rabat, le 9 septembre 2021, au lendemain de la victoire de son parti aux élections législatives et locales. © Jalal Morchidi/EPA/MAXPPP

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Maroc : en attendant Akhannouch

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Politique

Maroc : qui est Mustapha Baïtas, l’instituteur devenu porte-parole du gouvernement ?

Issu d’une famille modeste d’une province du Sud, ce quadragénaire nommé ministre le 7 octobre 2021 a un parcours aussi riche qu’atypique. Retour sur une success-story à la marocaine en quelques mots-clés.

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Mis à jour le 7 février 2022 à 11:53

Le porte-parole du gouvernement Mustapha Baïtas lors d’un point presse. Mustapha Baitas Point de presse à l’issue de la réunion hebdomadaire du Conseil de Gouvernement © MAP

A – Avocat

Amateur de joutes verbales, Mustapha Baïtas, 44 ans, est titulaire d’une licence en droit public et en sciences politiques de l’École nationale d’administration de Rabat. Il a obtenu son Certificat d’aptitude à l’exercice de la profession d’avocat (Capa) en 2019 et a aujourd’hui le statut d’avocat stagiaire. S’il le souhaite, il pourra de nouveau revêtir la robe noire après avoir quitté ses fonctions politiques.

B – Bras droit

Bien qu’il n’ait pas de réseau familial, il a été très tôt repéré par le patron du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, qui le prend sous son aile au sein du parti et en fait son conseiller au ministère de l’Agriculture. Beaucoup le considèrent comme le poulain et le bras droit d’Aziz Akhannouch au sein du RNI – ce qu’il conteste vigoureusement.

I – Instituteur

En 1997, un an après avoir obtenu son baccalauréat, Mustapha Baïtas devient instituteur dans une école primaire de sa région natale de Sidi Ifni. Un métier qu’il exerce pendant huit ans, tout en poursuivant ses études, ce qui lui a permis d’acquérir une bonne connaissance des problématiques de l’éducation et des difficultés rencontrées par les enseignants.

P – Porte-parole

Depuis sa nomination, début octobre, en tant que ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baïtas est à l’aise face aux médias, avec lesquels s’est installé un respect mutuel. Son sens du relationnel est également apprécié au RNI, dont il a assuré la communication pendant la dernière campagne électorale. « Baïtas est un homme de compromis, qui sait gérer les équilibres avec tact. Il a su tisser de bonnes relations avec tout le monde au sein du parti », confie un membre du bureau politique.

R – RNIste 

On dit de Baïtas qu’il a le RNI chevillé au corps. Ce qu’il confirme. « Très jeune, j’ai choisi d’adhérer au RNI car j’ai été séduit par sa capacité à fédérer. C’était une décision à contre-courant de ce qui se passait dans la région de Sidi Ifni, alors dominée par les partis de gauche. » Engagé auprès de la jeunesse RNIste locale, il se présente pour la première fois à un scrutin aux élections communales de 2003, dans la bourgade de ses parents. Il gravit ensuite les échelons au sein du parti de la Colombe : membre du conseil national depuis 2007, puis du bureau politique, il est nommé directeur du siège central du parti, à Rabat, en 2016. Cette année-là, il est élu député, comme tête de liste nationale des jeunes, et sera réélu haut la main en 2021 dans sa circonscription de Sidi Ifni.

S – Simplicité

Né dans une famille modeste, Mustapha Baïtas est le sixième d’une fratrie de sept. Appliqué dans sa scolarité, il incarne à sa manière la réussite d’un ould chaab (« fils du peuple »), pur produit de l’école publique marocaine, sans réseau ni appui préalable. De ce parcours, il garde une simplicité qui le rend proche des militants et, en particulier, des jeunes de son parti, dont certains le considèrent « un peu comme le grand frère ».

T – Travail et terrain

Désormais membre et porte-parole du gouvernement, Mustapha Baïtas n’en continue pas moins de multiplier les déplacements sur le terrain, aux quatre coins du pays. Résultat, il mène une vie presque ascétique. « Avec des journées qui commencent à l’aube et finissent à la tombée de la nuit, pas de place pour les loisirs ou les mondanités », dit-il.