Politique

Exclusif – RDC : les raisons de l’audition à l’ANR de François Beya, influent conseiller de Félix Tshisekedi

Le conseiller spécial en matière de sécurité du chef de l’État a été interpellé pour être entendu par les services de l’Agence nationale de renseignements, dirigée par Jean-Hervé Mbelu Biosha. Explications.

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Mis à jour le 8 février 2022 à 10:49

François Beya, le conseiller à la sécurité de Félix Tshisekedi. © DR

Longtemps patron de la Direction générale de migration (DGM) lorsque Joseph Kabila était au pouvoir, François Beya est devenu l’un des hommes clés du dispositif de Félix Tshisekedi. Il est impliqué dans un grand nombre de dossiers politiques et sécuritaires, bien qu’il soit en délicatesse avec d’autres piliers du premier cercle du président.

En novembre dernier, Beya avait notamment été chargé de tirer au clair un litige minier qui opposait différents membres de l’entourage de Tshisekedi. Parmi eux, l’ancien président de la commission électorale, Corneille Nangaa, et le conseiller privé du chef de l’État, Fortunat Biselele, dont les rapports avec François Beya sont conflictuels. Sa gestion de ce dossier, très critiquée, a marqué le début de sa disgrâce.

Kabila sommé de patienter

Alors que les rumeurs de remaniement au sein du cabinet du chef de l’État se font de plus en plus insistantes, François Beya, à qui certains reprochent sa proximité avec Joseph Kabila , a été dépossédé ces dernières semaines de certaines de ses prérogatives au profit de l’administrateur général de l’ANR, Jean-Hervé Mbelu Biosha. Il n’a d’ailleurs même pas été associé à la nomination de ce dernier, en décembre 2021.  Selon nos informations, le nouveau numéro un de l’agence a été chargé par Félix Tshisekedi d’accorder les autorisations d’entrée ou de sortie du territoire aux jets privés.

Cela a eu pour conséquence directe de retarder le voyage de Joseph Kabila en Afrique du Sud. L’ancien président n’a été autorisé à décoller que le 25 janvier, soit quatre jours après qu’il a formulé sa demande auprès de l’ANR. Il n’est pas encore rentré à Kinshasa.

Ce délai est dû au fait que l’ANR souhaitait obtenir davantage de précisions sur la garde rapprochée qui accompagne l’ancien président durant ce voyage, selon un de ses proches. Un membre du premier cercle de Félix Tshisekedi évoque pour sa part une volonté de s’assurer qu’il « ne cherche pas, depuis l’étranger, à déstabiliser le régime ».

Joseph Kabila n’est pas la seule personnalité de premier plan à avoir temporairement été empêchée de décoller. Moïse Katumbi a, lui, dû patienter sept jours avant d’être autorisé, la semaine dernière, à s’envoler pour la Zambie.

Selon un diplomate qui a ses entrées au palais, « la relation entre Félix Tshisekedi et François Beya s’est, dès le début, nouée par nécessité ». « Le nouveau président avait besoin de quelqu’un d’expérimenté et qui connaissait bien les dossiers, explique-t-il. Cependant, il était clair que des soupçons pesaient déjà sur la loyauté de Beya, et non sans raison.”