Économie

Banque mondiale : bientôt la normalisation des relations avec Madagascar ?

La Banque mondiale a déclaré vendredi 24 janvier qu’une normalisation de ses relations avec Madagascar était possible. Le timing dépendra de la rapidité de la nomination d’un nouveau gouvernement.

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Mis à jour le 25 janvier 2014 à 11:00

Antananarivo, la capitale du Madagascar compte 1,9 millions d’habitants. © Sascha Grabow

La Banque mondiale a annoncé la possible normalisation de ses relations avec le Madagascar et la possible reprise des aides directes à condition que la nomination du nouveau gouvernement soit exécutée rapidement et sans embûches.

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Aides vitales

Stoppées en 2009, les aides directes sont aujourd’hui cruciales pour un pays économiquement aux abois. La Banque mondiale, qui avait continué de soutenir le pays uniquement via des aides d’urgence depuis 2009, devrait pouvoir prêter entre 120 et 150 millions de dollars par an sur les trois premières années.

Le montant annoncé reste toutefois modeste et son impact sur les finances publiques du pays, dans un piteux état, restera modeste. Haleh Bridi, directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles, a ainsi déclaré à Reuters : « Madagascar est soit déjà en faillite soit sur le point d’être en faillite ».

La croissance économique n’est pas très soutenue à l’échelle africaine, avec une prévision de 3,7% pour 2014, et son niveau ne compense pas suffisament le dynamisme démographique de l’île. La Banque mondiale estime que l’économie devra être la première priorité du nouveau président, qui devra réinstaurer la confiance auprès des acteurs locaux et internationaux. Ces derniers se sont globalement tenus à l’écart de Madagascar ces dernières années, à l’exception de quelques acteurs dans le domaine minier (nickel, titanium, cobalt, fer et charbon).

Nouveau gouvernement

Elu président le 20 décembre 2013, Hery Rajaonarimampianina est entré officiellement en fonctions le 25 janvier. Son profil pourrait encourager et rassurer les donateurs. L’ancien ministre des finances  s’était en effet efforcé par le passé de réduire les dépenses de l’État et de contenir l’inflation face la chute des investissements étrangers et des revenus fiscaux. Ces efforts ont été appréciés par la communauté internationale.

L’avenir proche du pays et le retour des aides internationales est donc désormais entre les mains du nouveau président malgache et des responsables politiques et dépendra de leur capacité à former un gouvernement fédérateur et durable au plus vite.