Économie

Cameroun : fin du bras de fer Louis Paul Motaze – Abbas Mahamat Tolli ?

S’arc-boutant sur les statuts de la Beac, le gouverneur Tolli contrarie les plans de Yaoundé qui souhaite voir son directeur national se maintenir plus longtemps à son poste. Récit d’un affrontement par courriers interposés.

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Mis à jour le 3 février 2022 à 12:05

Le Camerounais Louis Paul Motaze et le Tchadien Abbas Mahamat Tolli. © Montage JA : Jean-Pierre Kepseu ; Fernand Kuissu

Abbas Mahamat Tolli a décidé de couper la poire en deux. Le 12 janvier, répondant à un courrier que le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, lui avait adressé la veille – missive ayant intentionnellement fuité sur les réseaux sociaux locaux –, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a décidé, « de manière exceptionnelle », de prolonger de six mois non renouvelables la présence de Blaise Eugène Nsom au poste de directeur national de la banque centrale à Yaoundé.

« Mais cela ne règle pas le problème », souffle un observateur. « Ce n’est pas ce qui lui est demandé », ironise même un proche de l’argentier camerounais. En parallèle, le sujet fait des gorges chaudes dans la capitale camerounaise, à telle enseigne que, dans une étonnante convergence, une bonne partie de la presse privée locale, proche du pouvoir comme de l’opposition, a ouvert le feu sur Abbas Mahamat Tolli.

À l’origine de l’affaire, une correspondance de Louis Paul Motaze du 11 novembre 2020 sollicitant la prolongation d’activité d’un an de Blaise Eugène Nsom, appelé théoriquement à faire valoir ses droits à la retraite le 1er mars 2021. Le gouverneur répond favorablement à la demande le 8 avril 2021 mais n’accorde qu’une prolongation de dix mois. Ainsi, l’office du directeur national devait s’achever le 31 décembre de l’année écoulée.

Concertation ratée