Politique

Coup d’État au Burkina : la junte veut coopérer avec les partis politiques

Les représentants de la classe politique étaient invités le 1er février au palais présidentiel pour une première rencontre avec Paul-Henri Sandaogo Damiba, nouvel homme fort du pays, huit jours après sa prise de pouvoir.

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Mis à jour le 2 février 2022 à 12:45

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba à son bureau présidentiel lors de son allocution télévisée, le 28 janvier 20 à Ougadagou, trois jours après le coup d’État qui a permis l’arrivée au pouvoir de la junte. This hand out photo from the Burkina Faso President Office taken in Ouagadougou on January 28, 2022 shows the leader of Burkina Faso’s new military junta Paul-Henri Sandaogo Damiba speaking during a televised address, three days after the overthrow of Burkina Faso’s president. – The leader of Burkina Faso’s new military junta called for international support in his first major public intervention on January 27, on the eve of a regional summit that could seek to sanction Ouagadougou © BURKINA FASO PRESIDENT OFFICE/AFP

Après le putsch du MPSR qui a renversé Roch Marc Christian Kaboré, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba multiplie les rencontres au palais présidentiel. Il s’était engagé lors de sa première adresse à la nation, le 27 janvier, à convoquer les forces vives de la nation pour convenir d’une feuille de route prenant compte les préoccupations de ses compatriotes. Ce fut chose faite, ce 1er février, pour une rencontre décrite comme « cordiale » par plusieurs participants.

Les hommes politiques ont été nombreux à répondre à l’invitation des militaires, un peu plus d’une semaine après leur prise de pouvoir. L’ex-majorité présidentielle était notamment représentée par Allassane Bala Sakandé, président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et de l’Assemblée nationale jusqu’à sa dissolution, Bénéwendé Stanislas Sankara de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste et ancien ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville, de Vincent Timbindi Dabilgou à la tête du parti Nouveau temps pour la démocratie et ex-ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, et d’Adama Sosso, vice-président de l’Union pour le progrès et le changement.

Étaient aussi invités l’ex-chef de file de l’opposition, Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ainsi qu’Achille Tapsoba, vice-président du même parti, soutenu par son aile historique qui se dit loyale à son fondateur Blaise Compaoré. L’ancien Premier ministre Luc Adolphe Tiao, président du Rassemblement patriotique pour le développement (RPD), représentait les autres partis.

Aucune feuille de route évoquée

Devant ses hôtes, le lieutenant-colonel Damiba a expliqué les raisons du putsch du MPSR et réaffirmé son objectif de ramener la paix et la sécurité au pays. Il a demandé le soutien de la classe politique. « Il souhaite que les partis ralentissent le militantisme fougueux pour ne pas gêner la nouvelle dynamique, confie un participant à la rencontre. Il a également assuré que le MPSR allait rester apolitique. »

« Si les militaires ont affirmé que nous serons associés dans le processus, ajoute un autre leader politique, il faudrait être certains que ce sera au nom des compétences et non de notre couleur politique. » Pour l’heure, il s’agissait de consultations larges, et il n’a été question ni de feuille de route ni de la durée de la transition.

Après sa prise de parole, chaque représentant de délégation a également pu s’exprimer. Certains ont pointé la nécessité d’une confiance mutuelle entre hommes politiques et militaires. Dans l’ensemble, ils ont exprimé leur volonté de soutenir le processus en cours. Dans un communiqué diffusé par les services de communication de la présidence au sortir de la rencontre, Eddie Komboïgo a affirmé « apporter [sa] contribution dans un esprit patriotique pour que la paix revienne ».

« En tant que partis n’appartenant ni à l’ex-majorité ni à l’ex-opposition, nous avons pris acte et nous nous sommes déclarés prêts à accompagner le processus de refondation de l’État », a pour sa part confié Luc Adolphe Tiao. L’ancienne majorité, elle, n’a pas souhaité s’exprimer.