Politique

Olmert s’en va, les problèmes restent

Par - Hamid Barrada
Mis à jour le 4 août 2008 à 19:35

« Il est des moments dans la vie d’une nation où il faut regarder la réalité en face et dire : ça suffit. » Ces paroles prononcées par Ehoud Olmert il y a deux ans reflètent sa situation aujourd’hui. En effet, ça ne pouvait plus durer. Au coeur d’une avalanche de scandales, il a perdu la respectabilité attachée à sa fonction. Le 30 juillet, il a annoncé qu’il ne se présenterait pas à l’élection primaire de Kadima, son parti, le 17 septembre, et devrait donc se retirer après le choix de son successeur. Cette décision reste une surprise. Jamais il ne démissionnerait, avait-il dit et répété, tant qu’il ne serait pas ­inculpé. Depuis qu’il a pris possession, en janvier 2006, du fauteuil d’Ariel Sharon, victime d’une attaque cérébrale, le Premier ministre a passé le plus clair de son temps à essayer de survivre.

Syndrome libanais
En fait, il ne s’est jamais remis de la guerre déclenchée inconsidérément au Liban au cours de l’été 2006. L’expédition punitive contre le Hezbollah ne donne pas les résultats escomptés, les pertes s’accumulent et les Israéliens, effarés, découvrent que la préparation et l’équipement de leur armée laissent à désirer. Après trente-trois jours, la fin des hostilités, décidée par l’intermédiaire de l’ONU, n’est pas à l’avantage de l’État juif. La doctrine de la dissuasion absolue a vécu. Les conclusions de la commission d’enquête mise en place soulignent la responsabilité du Premier ministre. Également mis en cause, le ministre de la Défense et le chef d’état-major rendent leur tablier. Pas lui.
Sur d’autres fronts, Olmert obtient de meilleurs résultats, qui expliquent sans doute le sursis dont il a bénéficié. L’économie aligne des performances à rendre jaloux les pays occidentaux : 5 % de croissance, afflux d’investissements extérieurs, secteur technologique ultraperformant, etc.
Mais c’est sur le terrain diplomatique qu’Olmert jette son dévolu en lançant une initiative de paix, la première depuis sept ans. Il engage des négociations avec l’Autorité palestinienne, avec pour objectif la conclusion d’un accord de paix avant la fin de l’année. Ces derniers temps, pourtant, il n’y croyait plus guère, jugeant même la perspective « irréaliste ».
Il traite également avec la Syrie, par l’intermédiaire de la Turquie. Du coup, ses détracteurs lui reprochent de mettre en péril les intérêts vitaux d’Israël pour sauver sa peau. Des voix s’élèvent pour dire qu’il n’est plus en situation de faire face aux menaces qui pèsent sur le pays, en particulier le programme nucléaire iranien. Les projets belliqueux qu’on prête aux généraux israéliens ont dû le placer devant un redoutable dilemme : comment ordonner des frappes sur la République islamique, avec des représailles prévisibles, alors que son gouvernement ne tient qu’à un fil et que sa crédibilité est au plus bas ?
La question reste posée. À charge pour son successeur d’y répondre.