Politique

France-Algérie : Macron plaide auprès de Tebboune pour « l’apaisement des mémoires de la colonisation »

Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune samedi, notamment à propos de « l’apaisement des mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». 

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Mis à jour le 30 janvier 2022 à 10:30

Les présidents français et algérien Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune. © Montage JA : Romain Gaillard/REA ; Farouk Batiche/PPAGENCY/SIPA

Emmanuel Macron « est revenu sur ses dernières initiatives en France pour l’apaisement des mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie. Il a dit se tenir disponible pour travailler sur ce sujet avec son homologue algérien, en particulier en ce qui concerne les recherches sur les disparus et l’entretien des cimetières européens en Algérie », selon un communiqué de l’Élysée.

« Rente mémorielle »

Paris s’emploie depuis plusieurs semaines à renouer la relation avec Alger, après une nouvelle crise alimentée par des propos rapportés d’Emmanuel Macron en octobre, reprochant au système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » autour de la guerre d’indépendance de l’Algérie (1954-1962).

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Mercredi, le chef de l’État français a en outre exprimé la « reconnaissance » de la France envers les rapatriés d’Algérie et leur a adressé un geste fort en reconnaissant deux « massacres » qui se sont produits après la signature des Accords d’Evian, suivis par un cessez-le-feu le 19 mars 1962.

Il a ainsi qualifié d’« impardonnable pour la République » la fusillade de la rue d’Isly à Alger, dans laquelle des dizaines de partisans de l’Algérie française furent tués par l’armée française le 26 mars de cette année-là.

Sommet UE-UA

Cette série d’actes mémoriels se poursuivra par la commémoration des Accords d’Evian le 19 mars, soit 20 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle en France. L’Élysée a indiqué préparer avec attention cet anniversaire pour qu’il « ne soit pas pris en otage » par la politique.

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L’échange téléphonique avec Abdelmadjid Tebboune a aussi « porté sur la préparation du sommet Union européenne – Union africaine qui aura lieu à Bruxelles les 17 et 18 février prochain, dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne », selon le communiqué.

« Les deux présidents ont de même abordé les enjeux régionaux de stabilité, en particulier la lutte contre le terrorisme au Sahel », ajoute l’Élysée.