Économie

Félix Edoh Kossi Aménounvé : « Les entreprises qui travaillent en Afrique doivent partager leurs richesses avec les Africains »

En 2021, la Bourse régionale des valeurs mobilières a retrouvé une dynamique positive après quatre exercices moroses. S’il se félicite de cette conjoncture favorable, le Togolais à la tête de l’institution depuis dix ans reste vigilant, conscient des nombreux points sur lesquels il faut agir pour stimuler le marché.

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Mis à jour le 27 janvier 2022 à 16:06

Félix Edoh Kossi Aménounvé est le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’UEMOA depuis 2012. © Olivier pour Jeune Afrique

Après plus de quatre années de cycle baissier, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a repris des couleurs en 2021. Clôturant l’année largement dans le vert, avec un indice BRVM 10 en hausse de 17,29 % et le BRVM Composite de +39,15 % par rapport à 2020. La valeur des transactions a été multipliée par trois sur un an (+293 %, à 722 milliards F CFA – 1,1 milliard d’euros). Tous les secteurs, ou presque, ont bénéficié de ce dynamisme. Ainsi en est-il de la banque panafricaine Ecobank, groupe ayant échangé le plus d’actions l’an dernier, ou encore de l’opérateur télécoms Sonatel, le plus performant, en valeur, en 2021.  

Mais c’est l’activité du Trésor public de Côte d’Ivoire (TPCI) – dont le volume des transactions sur plusieurs de ses lignes obligataires – qui est la plus notable. Ce comportement illustre le dynamisme qu’a connu le marché obligataire l’an dernier, « particulièrement sur les titres souverains émis par les pays de l’Uemoa en 2021 », précise le directeur général de la BRVM.   

Une année exceptionnelle, donc, pour l’activité du marché régional. Mais avant d’en conclure que la bourse commune aux huit pays de l’Uemoa entre dans un nouveau cycle, positif celui-là, le Togolais Félix Edoh Kossi Amenounvé préfère attendre que la tendance se confirme « sur une ou deux années ». D’autant que, si l’institution basée à Abidjan s’est si bien comportée, cela s’inscrit dans un contexte où les plus grands indices dans le monde, portés notamment par les aides à l’économie mise en place dans plusieurs pays, ont clôturé l’année 2021 dans le vert. 

La persistance de la pandémie, des crises socio-politiques et des tensions terroristes dans l’Union, entre autres, laissent planer le doute sur les performances du marché en 2022, affirme Aménounvé. À la veille de la présentation du bilan des activités 2021 de la BRVM et du Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR), il a répondu aux questions de Jeune Afrique. 

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