Économie

Côte d’Ivoire : le président et ses experts

Alassane Ouattara a été directeur général adjoint du FMI entre 1994 et 1999. © Vincent Fournier/JA

Alassane Dramane Ouattara, le président de la Côte d'Ivoire, a beau ne jamais avoir évolué dans le secteur privé, il est particulièrement bien introduit dans les milieux d'affaires.

Alassane Ouattara en est la preuve vivante : on peut être un libéral convaincu et mettre son talent au service de l’État ou d’institutions internationales. En quatre décennies, l’économiste n’a pas fait une seule incursion dans le secteur privé. Aujourd’hui à la tête de la Côte d’Ivoire, il n’est pas pour autant déconnecté du monde de l’entreprise. Car pour sentir battre le pouls de l’économie, le chef de l’État peut compter sur les nombreux entrepreneurs qui figurent parmi ses proches.

La première d’entre eux n’est autre que son épouse, Dominique, experte en construction résidentielle – un secteur en plein renouveau à Abidjan -, même si elle a délégué la gestion de sa société immobilière, AICI. Dans son cercle familial, on trouve aussi Benedict Senger, époux de la fille du chef de l’État Fanta Catherine et président de Webb Fontaine Côte d’Ivoire, une société chargée notamment de l’inspection des importations en Côte d’Ivoire.

Réseaux

En dehors de la sphère politique, Ouattara entretient des relations privilégiées avec le monde de la finance.

Au sein du gouvernement, le président peut également s’appuyer sur l’expérience et les réseaux de plusieurs ministres. Membre de l’équipe de campagne de Ouattara en 2010, Gaoussou Touré, aujourd’hui ministre des Transports, est toujours actionnaire de la Société ivoirienne de traitement d’anacarde (Sita), dirigée par son épouse, Massogbé Touré Diabaté. Mamadou Sanogo, ministre de la Construction, de l’Assainissement et de l’Urbanisme, garde quant à lui un oeil sur le développement de sa société, Celpaid, spécialisée dans le transfert d’argent, ainsi que sur ses écoles de commerce et d’ingénieurs, Hetec et Agitel-Formation.

Autre ministre homme d’affaires : Adama Toungara (Mines, Pétrole et Énergie), actionnaire de plusieurs sociétés dans le secteur pétrolier. Sans oublier Adama Bictogo, éphémère ministre de l’Intégration africaine et patron d’ISD Holding, fournisseur de solutions biométriques auprès de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Mais c’est sans doute Jean-Louis Billon, ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME, qui reste le meilleur ambassadeur du secteur privé au sein de l’exécutif. Ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie, il est le principal actionnaire du géant agro-industriel Sifca et possède des parts de l’opérateur Orange, tandis que son frère David dirige le logisticien Movis.

Conseillers

En dehors de la sphère politique, Ouattara entretient des relations privilégiées avec le monde de la finance. Il est par exemple conseillé par Jean-Luc Bédié, fondateur de la société d’intermédiation boursière Hudson & Cie, et apprécie particulièrement Souleymane Diarrassouba, directeur général de Banque Atlantique et président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire. Parmi les nouveaux venus dans l’entourage du chef de l’État, il y a aussi Ibrahim Magassa, fondateur de la banque d’affaires Algest Consulting, très impliqué dans les projets de construction de logements sociaux. C’est ce dernier qui a présenté au président Abdourahmane Cissé, le jeune ministre du Budget (32 ans).

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De ses années passées aux États-Unis, Alassane Ouattara a en outre conservé des liens solides avec la diaspora ivoirienne. Il est notamment proche d’Ibrahim Keïta, ancien codétenteur de la première licence GSM en Côte d’Ivoire et ancien administrateur de la société Amex International, fondée par son neveu, le lobbyiste Mamadi Diané, aujourd’hui conseiller diplomatique à la présidence ivoirienne. C’est lui qui aurait incité le minier australo-roumain Frank Timis à s’intéresser à la Côte d’Ivoire. À ne pas confondre avec un autre Ibrahim Keïta, le beau-frère de Ouattara et actuel président de Versus Bank.

À cette galaxie de businessmen, il convient enfin d’ajouter Hassan Hyjazi, qui dirige le centre commercial Prima, également présent dans l’immobilier et l’industrie. Et, surtout, Fabrice Sawegnon, patron de l’agence de communication Voodoo. Artisan de la campagne électorale de 2010, c’est lui qui avait trouvé le slogan « ADO Solutions ».

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