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Dépouillement des votes lors de l’élection présidentielle de février 2019. © Sylvain CHERKAOUI pour JA

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Locales au Sénégal : les enjeux du scrutin

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Locales au Sénégal : l’opposition remporte des bastions clés

Dakar, Ziguinchor, Kaolack… Emmenée par Ousmane Sonko et Khalifa Sall, l’opposition s’impose dans plusieurs villes emblématiques. Le camp du président Macky Sall, lui, garde son hégémonie dans le nord du pays.

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Mis à jour le 26 janvier 2022 à 10:11

Dans un bureau de vote de Dakar lors des élections municipales et communales, le 23 janvier 2022. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Longtemps, Dakar est restée adossée au camp au pouvoir. Socialiste sous Léopold Sédar Senghor puis sous Abdou Diouf, libérale sous Abdoulaye Wade, la capitale sénégalaise semble s’être transformée en village d’irréductibles Gaulois qui, menés par Astérix, « résiste encore et toujours à l’envahisseur » et se dérobe à l’influence du camp présidentiel.

Le virage date de 2009, lorsque le socialiste Khalifa Sall a réussi à ravir Dakar au maire sortant, Pape Diop, un cadre important du Parti démocratique sénégalais (PDS), alors au pouvoir. Après l’incarcération de l’opposant, en mars 2017, c’est sa première adjointe, Soham El Wardini, qui a pris la relève. Un pied dans la majorité présidentielle (elle est entrée en politique au sein de l’Alliance des forces de progrès, de Moustapha Niasse), un pied dans l’opposition (elle a repris le flambeau de la coalition Taxawu Dakar, fondée par Khalifa Sall), elle n’a pu incarner la relève tant attendue lors des élections locales qui se sont tenues ce 23 janvier, faute d’avoir été investie dans les formes par la coalition Yewwi Askan Wi (YAW).

Barthélémy Dias a conquis Dakar

Pour le camp au pouvoir, l’enjeu du scrutin était donc d’importance : parviendrait-il a se réapproprier Dakar ? La réponse est cinglante. D’après les premières tendances communiquées après le vote, le 23 janvier au soir, c’est l’opposant Barthélémy Dias – un lieutenant de Khalifa Sall – qui a conquis Dakar. Les candidats de sa coalition (quand il ne s’agit pas de partis d’opposition) raflent également la mise dans la grande banlieue de la capitale ou dans des villes importantes de la région éponyme : Yoff, Patte d’Oie, Fann-Point E-Amitié, Parcelles Assainies, Guédiawaye, Sangalkam, Golfe Sud, Yeumbeul Sud, Rufisque…

En pays mouride (Diourbel, Touba), le PDS (coalition Wallu Sénégal), d’Abdoulaye et Karim Wade, semble l‘avoir emporté. Quant aux capitales régionales de l’intérieur du pays, la majorité présidentielle déplore la perte de quatre d’entre elles, toutes essentielles : Thiès, Ziguinchor, Kaolack et Tambacounda.

Basculement électoral

En revanche, le camp de Macky Sall reste hégémonique dans la vallée du fleuve Sénégal (Nord), du Walo au Fouta-Toro. De Saint-Louis à Matam, en passant par Dagana et Podor, les disciples de Macky Sall règnent en effet sans partage.

Si, à six mois des législatives annoncées en juin, ces élections locales ne sont pas synonymes de déconfiture, elles marquent toutefois un basculement au profit d’une tendance de l’opposition qui porte l’empreinte d’Ousmane Sonko et de Khalifa Sall. Au détriment du PDS, aujourd’hui relégué au second rôle.