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Mali : un militaire français tué à Gao dans une attaque au mortier

Une attaque au mortier du camp militaire de l’opération Barkhane à Gao a tué un soldat et en a blessé neuf autres. Selon l’armée française, les assaillants ont été neutralisés.

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Mis à jour le 7 mars 2022 à 11:06

Le camp de l’opération Barkhane à Gao, au Mali, le 2 janvier 2015. © AFP/DOMINIQUE FAGET

Un communiqué de l’Élysée a fait part de la « très vive émotion » du président Emmanuel Macron à l’annonce de la mort du brigadier Alexandre Martin, du 54e régiment d’artillerie de Hyères, et « confirme la détermination de la France à poursuivre la lutte contre le terrorisme dans la région, aux côtés de ses partenaires ».

Le soldat décédé samedi après-midi était en poste au Mali depuis 3 mois. C’était sa première mission au Sahel. Il est le 53e militaire français tué au combat dans la région depuis 2013. Neuf autres soldats français ont été « légèrement blessés » dans l’attaque mais « leur état n’inspire aucune inquiétude », a précisé l’état-major des Armées dans un communiqué.

Une dizaine de tirs

Le camp a été la cible peu avant 17h (de Paris, 16h GMT), de « plusieurs tirs indirects » d’obus de mortiers – une dizaine au total -, partis d’une position située à une distance de « cinq à six kilomètres au nord-est », a indiqué le porte-parole de l’état-major, le colonel Pascal Ianni.

L’attaque a duré moins de 10 minutes et dès le premier tir, l’alarme du système de surveillance du camp s’est déclenchée. Le brigadier Martin, grièvement blessé, a « été pris en charge immédiatement par l’antenne chirurgicale sur place mais a succombé à ses blessures », a ajouté le colonel Ianni.

L’armée française a « engagé immédiatement des hélicoptères de recherche et d’attaque Tigre et Gazelle pour intercepter et neutraliser les assaillants », a-t-il poursuivi. « Ils ont été neutralisés », a-t-il dit, sans plus de détails. Leur identité n’a pas été confirmée, mais l’armée française suspecte les jihadistes du GSIM (ou JNIM, nébuleuse jihadiste affiliée à Al-Qaïda) qui fréquentent la zone.

Quatre soldats français blessés au Burkina Faso

Le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, a salué la mémoire du brigadier. « Ses pensées accompagnent sa famille et ses frères d’armes, en particulier ceux blessés au cours de cette opération, et tous leurs proches », a-t-il dit.

Sa mort survient alors que mardi, quatre soldats français avaient été blessés au Burkina Faso lors de l’explosion d’un engin explosif improvisé (IED) au passage de leur véhicule. Il y avait eu en 2021 trois morts au combat et un mort par accident parmi les militaires français déployés au Mali.

La force antijihadiste Barkhane, présente depuis 2014 au Mali et dont la mission est étendue au Sahel, est au cœur d’enjeux politiques bilatéraux majeurs, avec en toile de fond les accusations de recours par le Mali aux services du groupe de mercenaires russe Wagner, ainsi que la réorganisation de la présence militaire française dans le pays. Face à la crise ouverte avec la junte malienne, Paris doit « trouver la voie » pour poursuivre l’objectif de la lutte antijihadiste en Afrique de l’Ouest, avait déclaré jeudi la ministre française des Armées, Florence Parly.