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L’ONU contre le négationnisme

Par - René Guyonnet
Mis à jour le 5 février 2007 à 17:35

L’Assemblée générale de l’ONU a, le 26 janvier, adopté une résolution – la 60/7 – condamnant la négation du génocide des juifs par l’Allemagne nazie au cours de la Seconde Guerre mondiale. « En niant le caractère historique de ces terribles événements, précise le texte, on accroît le risque qu’ils se reproduisent. » La résolution, qui a été présentée par le représentant des États-Unis au nom de 103 États sur les 192 que compte l’Assemblée générale, a été adoptée par consensus, donc sans vote. Elle ne se prononce pas sur le nombre des victimes de la Shoah. Parmi les pays absents, ce jour-là : l’Arabie saoudite, le Soudan, la Syrie, mais aussi l’Afrique du Sud et le Cambodge.
La date choisie pour son adoption commémore l’entrée des troupes soviétiques dans le camp de la mort d’Auschwitz, le 27 janvier 1945. D’une certaine manière, c’est une réponse à la conférence organisée à Téhéran les 11 et 12 décembre 2006, qui a offert une tribune aux négationnistes. À New York, le représentant de la République islamique d’Iran a affirmé qu’il ne saurait y avoir de justification à un génocide. Regrettant que le texte ne mentionne pas ceux perpétrés à Hiroshima, à Nagasaki, dans les Balkans et au Rwanda, il a annoncé que son pays ne pouvait que s’en dissocier. Mais il n’a pas cherché à en compromettre l’adoption.
Pour sa part, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a multiplié, ces derniers mois, les dénonciations du « mythe » de l’Holocauste. Mais l’ambiguïté de la position iranienne est confirmée par une interview accordée, ce même 26 janvier à Davos, par Mohamed Khatami à un journal israélien. L’ancien président affirme notamment que « la Shoah contre le peuple juif a été l’atteinte la plus grave commise contre l’humanité à notre époque. Il n’y a aucun doute sur le fait qu’elle se soit produite ».
La négation de l’Holocauste est déjà un délit en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Espagne, en France, en Lituanie, en Pologne, en République tchèque, en Roumanie, en Slovaquie et en Suisse. L’adoption d’une loi uniforme proposée par l’Allemagne est aujourd’hui en débat dans l’Union européenne.