Politique

Obsèques d’IBK à Bamako : le dernier hommage du Mali à l’ancien président

Près de 2 000 personnes se sont rassemblées pour la cérémonie organisée ce vendredi à Bamako pour les obsèques d’Ibrahim Boubacar Keïta. Le Premier ministre Choguel Maïga était présent, au contraire du colonel Assimi Goïta, à la tête de la junte qui dirige le pays depuis le putsch d’août 2020.

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Mis à jour le 21 janvier 2022 à 16:52

Ibrahim Boubacar Keita, en juin 2019 à Bamako. © Vincent FOURNIER/JA

La junte qui lui a succédé et qui tient tête aujourd’hui à une bonne partie de la communauté internationale a organisé dans un camp militaire de Bamako des obsèques nationales sous la présidence du Premier ministre de transition, Choguel Kokalla Maïga. Le colonel Assimi Goïta, un des leaders du putsch de 2020 depuis investi président de la transition, était quant à lui absent.

Ibrahim Boubacar Keïta, décédé dimanche chez lui à l’âge de 76 ans après s’être tenu à l’écart de la vie publique, devait être enterré dans l’après-midi dans sa vaste résidence après une cérémonie à la fois plus populaire et privée. Près de 2 000 personnes, y compris d’anciens adversaires, se sont pressées chez lui pour lui dire adieu.

Goïta « empêché »

Le colonel Goïta, qui avait pris part aux obsèques de deux autres anciens chefs de l’État malien décédés en 2020 après le putsch – Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré – , a été officiellement « empêché » de participer à la cérémonie officielle. Celle-ci a rassemblé devant le cercueil recouvert du drapeau national, sur la place d’armes du 34e bataillon du Génie militaire, de nombreuses personnalités, l’ancien président par intérim Dioncounda Traoré, d’anciens ministres, des dignitaires religieux, des diplomates et un des fils du disparu, Bouba Keïta.

La Guinée, également théâtre d’un putsch menée par le colonel Mamadi Doumbouya en septembre 2021 et partenaire privilégié de la junte malienne face aux pressions internationales, avait dépêché son ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté. Baba Hakib Haïdara, au nom des collaborateurs de l’ex-président, a salué « un homme d’État ouvert au dialogue ».

Un homme d’esprit, un homme de culture, un homme de cœur

Il était « un homme d’esprit, un homme de culture, mais aussi, je dirais, un homme de cœur », a dit son ancien ministre de la Santé Michel Sidibé, « il s’est toujours battu pour ce pays, il avait ses forces et ses faiblesses mais ce qui le caractérisait c’était sa dignité et son patriotisme, et cela a été mentionné aujourd’hui ».

IBK avait été renversé le 18 août 2020 par des militaires qui, après un deuxième coup d’État en mai 2021, invoquent aujourd’hui les maux accumulés par le passé pour justifier leur refus de rendre le pouvoir aux civils dans un avenir proche.

Avec AFP