Économie

Consommation : au secours, l’inflation revient en Afrique !

Les prix de la majorité des produits alimentaires de base flambent sur le continent, mettant les États, les consommateurs et le secteur privé sous pression. Aucune solution à court terme ne semble satisfaisante.

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Mis à jour le 3 mars 2022 à 14:21

Dans une épicerie de Saint-Louis. © Alfredo CALIZ/PANOS-REA

Le sac de farine de blé de 50 kg passé de 11 000 à 23 000 francs CFA (35 euros) en Côte d’Ivoire, le prix du sucre à la hausse au Sénégal, au Mali et en Mauritanie, le litre d’huile et le kilo de pommes de terre qui flambent en Algérie… Sur les marchés traditionnels comme dans les supermarchés, endroits où la majorité des consommateurs africains s’approvisionnent, la facture des courses alimentaires ne cesse de s’alourdir, entraînant des protestations contre la vie chère.

Particulièrement tendue en Afrique du Nord et de l’Ouest, la situation a conduit plusieurs États – Côte d’Ivoire, Sénégal, RDC, Algérie – à prendre un certain nombre de mesures pour protéger le pouvoir d’achat : instauration de prix plafond, suspension des taxes à l’importation ou douanières, baisse de TVA, renforcement des contrôles des tarifs réglementés...

Si cette poussée inflationniste s’inscrit dans une tendance mondiale (+ 28 % en un an pour les prix alimentaires, selon les dernières données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, FAO) et si elle n’est pas la première à frapper le continent, elle intervient dans un contexte difficile de relance postpandémie et devrait durer, selon les observateurs, une bonne partie de l’année 2022. De quoi compliquer la donne pour l’ensemble des acteurs économiques, ménages, entreprises et gouvernements.

Alerte en Afrique de l’Ouest

Premier constat, ce choc d’inflation alimentaire n’est pas vécu de la même façon partout en Afrique. « Sur l’année 2021, seuls quatre pays ont connu une hausse annuelle des prix à deux chiffres, le Nigeria, l’Angola, la Zambie et l’Éthiopie, souligne David Cowan, économiste en chef Afrique de Citi. En fin d’année, cette inflation alimentaire s’est étendue à la Côte d’Ivoire (avec un taux annuel de 12,2 % en novembre 2021) et au Ghana (12,8 % sur la même période), même si cela a eu un impact différencié sur l’inflation globale (5,6 % en Côte d’Ivoire, 12,6 % au Ghana), reprend-il. Même situation différenciée en Afrique du Nord, avec une hausse des prix portée par une inflation alimentaire à 13,7 % en novembre 2021 en Algérie, niveau identique à celui de 2011-2012, contre 4,4 % au Maroc en décembre. »