Société

Francis Ngannou vs Ciryl Gane, l’autre combat du Cameroun

Le pays hôte de la CAN a un autre rendez-vous sportif important ce samedi. Le Camerounais Francis Ngannou, champion du monde des poids lourds de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), défendra son titre en Californie.

Mis à jour le 20 janvier 2022 à 11:05

© Damien Glez

Pas moins de 18 000 spectateurs attendus. Huit heures de spectacle. Une expérience cumulée de 39 combats d’arts martiaux mixtes (MMA) pour le principal affrontement de la soirée. Comme il n’y a pas que le football dans la vie, l’Ultimate Fighting Championship (UFC) propose dans la nuit de ce samedi, en Californie, un choc de titans : une soirée présentée comme celle de l’unification du titre des poids lourds.

Hasard ou pas, l’événement se tient un jour où il n’y a pas de match de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football, précisément entre le premier tour et les huitièmes de finale. Une programmation officiellement fortuite qui est loin d’être un détail, si l’on considère que le combat star de la soirée concerne le pays hôte…

« Predator » contre « Bon Gamin »

Si on retrouvera onze affiches, le climax ultime opposera le Camerounais Francis Ngannou au Français Ciryl Gane pour le trône suprême des poids lourds de l’UFC. Le premier – champion du monde en titre des poids lourds depuis mars dernier – est surnommé « Predator », tandis que le second est connu sous le sobriquet de « Bon Gamin ». C’est pourtant le gamin – 10 matchs au compteur contre 29 – qui pourrait terrasser le prédateur. Il n’a jamais connu de défaite et les bookmakers lui accordent un léger avantage.

Mais des professionnels comme le Nigerian Kamaru Usman mise sur le Camerounais et une surprise est possible, tant les deux profils sont différents : Ngannou est un puncheur doté d’un physique particulièrement intimidant, Gane a la réputation d’être exceptionnellement agile pour un poids lourd et imperméable à la pression.

Trois combats en un

Anciennement dénommé free-fight, le MMA est souvent critiqué pour sa violence, même si des experts tiennent toujours à souligner que les matchs de football américain font plus de morts et de blessés. Cette odeur de soufre incite les médias à cultiver la polémique : la confrontation de samedi est ainsi présentée comme un combat qui en contiendrait d’autres en filigrane.

Comme Mohamed Ali, Ngannou joue la carte médiatique de l’intimidation

Primo, un duel fratricide, dans la mesure où Ngannou et Gane ont été partenaires d’entraînement au MMA Factory de Paris. Secundo, un affrontement entre le Camerounais et son ancien mentor, Fernand Lopez, désormais coach du Français. Les deux hommes sont en froid, et le sportif cible régulièrement l’entraîneur dans les médias. Enfin, l’UFC, qui tire à outrance sur la corde marketing des amitiés brisées, est elle-même en conflit avec le champion du monde, qui n’a pas encore prolongé son contrat pourtant presque arrivé à échéance…

Ces différents niveaux de lecture du combat au sommet mettront un peu de piment dans la soirée. Depuis les diatribes célèbres du boxeur Mohamed Ali, les amateurs savent que le spectacle des sports de combat est aussi affaire de théâtralisation des émotions. Comme Cassius Clay, Francis Ngannou joue la carte médiatique de l’intimidation. Avouant qu’une saine pression monte, il affirme pourtant ne pas douter de sa victoire par KO, en un ou deux rounds. Une « formalité » en attendant un événement UFC en Afrique qu’il appelle de ses vœux…