Culture

Quinze films : la sélection de Jeune Afrique pour profiter au mieux de Tigritudes

La grande rétrospective que le Forum des images consacre au cinéma africain offre une occasion exceptionnelle de parfaire sa culture en la matière. « Jeune Afrique » a sélectionné pour vous quinze films à voir ou à revoir.

Mis à jour le 20 janvier 2022 à 15:58

« School Daze », de Spike Lee (1988). © DR

Quels films faut-il vraiment voir dans le cadre de la grande rétrospective consacrée au cinéma africain et de la diaspora qui se tient au Forum des images, à Paris, sous le label Tigritudes ? Les quelque 120 courts ou longs-métrages qui y seront présentés ont été sélectionnés selon des critères subjectifs par les deux programmatrices, les réalisatrices Dyana Gaye et Valérie Osouf. Il en va de même pour cette liste de quinze films à ne pas manquer (à partir du 21 janvier), que nous vous proposons ici. Un mélange de chefs d’œuvre à (re)découvrir et de raretés qui valent le détour.

Lettre paysanne, de Safi Faye, le 21 janvier à 16h. Un des tout premiers films réalisés par une Africaine. Évoque la condition féminine dans le monde rural, au Sénégal.

Alyam Alyam, d’Ahmed El Maânouni, le 21 janvier à 20h30. Premier long-métrage marocain à avoir été présenté en compétition officielle à Cannes, en 1978. Raconte le dilemme d’un jeune qui, devenu soutien de sa nombreuse famille après la mort de son père, rêve d’émigrer en France.

Histoire d’une rencontre, de Brahim Tsaki, le 23 janvier à 17h30. Une rencontre improbable entre des personnages très différents près d’une exploitation pétrolière, filmée par un grand cinéaste algérien disparu en septembre dernier. Étalon d’or de Yennenga, au Fespaco, en 1985.

Finye, de Souleymane Cissé, le 23 janvier à 20h30. Moins connu que le chef d’œuvre du même cinéaste, Yeelen, tourné peu après. Portrait d’une jeunesse malienne révoltée contre le régime, par l’un des plus grands cinéaste du continent.

« Finye », de Souleymane Cissé. © Ucecaomali

« Finye », de Souleymane Cissé. © Ucecaomali

Handsworth Song, de John Akomfrah, le 26 janvier à 18h30. Un documentaire sur la lutte antiraciste dans l’Angleterre des années 1980, signé par un réalisateur anglo-ghanéen également plasticien.

School Daze, de Spike Lee, le 27 janvier à 21h. Une comédie musicale méconnue, sortie en 1988, et qui précède Do the right thing, sorti un an plus tard. Décrit l’affrontement entre deux groupes d’étudiants africains-américains.

Lumumba, la mort du prophète, de Raoul Peck, le 29 janvier à 14h30. Un récit personnel passionnant du cinéaste haïtien, qui retrace le martyre du Premier ministre congolais et lui rend hommage.

Samba Traoré, d’Idrissa Ouedraogo, le 29 janvier à 19h. Un film de genre atypique du réalisateur burkinabè, auteur de Yaaba et de Tilaï, disparu en 2018.

Guimba, un tyran, de Cheick Oumar Sissoko, le 30 janvier à 20h30. Un magnifique récit épique du réalisateur malien. Il raconte une dérive dictatoriale dans un passé légendaire qui faisait écho, en 1995, à la période contemporaine. Précédé du beau court-métrage Un Taxi pour Aouzou, du Tchadien Issa Serge Coelo.

Bye Bye Africa, de Mahamat Saleh Haroun, le 10 février à 21h. Entre documentaire et fiction. Le premier film du cinéaste tchadien, qui révéla son talent.

11 drawing for projection, de William Kentridge, le 11 février à 20h30. Une animation du célèbre plasticien sud-africain.

« Mother, I am suffocating », de Lemohang Jeremiah Mosese (2019). © Memento International

« Mother, I am suffocating », de Lemohang Jeremiah Mosese (2019). © Memento International

Chef, de Jean-Marie Teno, le 12 février à 14h30. Une réflexion choc sur les inégalités au Cameroun, pays de petits et grands chefs, par l’un des meilleurs documentaristes africains.

Rage, de Newton Aduaka, le 12 février à 19h. Le premier long-métrage du principal réalisateur nigérian contemporain, qui travaille hors du système Nollywood. L’action se déroule dans le milieu du rap à Londres.

Sur la planche, de Leïla Kilani, le 18 février à 21h. Superbe premier film de fiction de la documentariste marocaine. Entre polar et chronique sociologique. L’action se déroule à Tanger.

Mother, I am suffocating, de Lemohang Jeremiah Mosese, le 26 février à 20h30. Au croisement des arts plastiques et du cinéma, une œuvre poétique sur le thème de l’identité, signée par un réalisateur originaire du Lesotho et qui vit en Allemagne.