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Éric ChinjeDirecteur de la communicationde la Banque africainede développement (BAD)

Les mots pour le dire

C’est lui qui, à la télévision camerounaise, présenta le premier Journal télévisé en anglais. C’était le 20 mars 1985… Lui aussi qui a convaincu la Banque mondiale de mettre en place des services régionaux de communication en Afrique. Éric Chinje, 49 ans, a également travaillé à une refonte des langues utilisées dans les documents officiels de l’institution financière. Cette réforme, qui devrait être adoptée en juin 2004, permettra qu’en Tanzanie, par exemple, les publications de la Banque soient disponibles en swahili et non plus seulement en anglais et en arabe. C’était son ultime mission à Washington, avant de revenir sur le continent qui l’a vu naître. Fin mars, il a accepté le poste de directeur de la communication de la Banque africaine de développement (BAD), à Tunis, où il dirigera une équipe de quinze personnes.
« Le développement de l’Afrique doit être conçu et conduit par les Africains eux-mêmes, affirme-t-il. Cela signifie que la BAD, qui constitue la plus grande concentration d’intellectuels sur le continent, doit apparaître comme un partenaire crédible, capable de discuter avec les institutions internationales. Or ses actions manquent encore de visibilité. » Il souhaiterait que les médias africains se montrent plus critiques à l’égard des politiques économiques menées sur le continent. Qu’ils interpellent davantage les gouvernements sur leur vision du développement, plutôt que de s’intéresser à l’excès à la « politique politicienne ».

Originaire de Bamenda, dans la province anglophone de l’ouest du Cameroun, Chinje a obtenu une licence de lettres modernes à Yaoundé (1977), puis un Master en télécommunications à l’université de Syracuse, aux États-Unis. De retour au pays, il participe à la grande aventure de la Cameroon Radio and Television (CRTV), la première chaîne de télévision du pays, lancée en 1985. En 1992, il rejoint la Banque mondiale, où il pilote un programme de soutien aux médias africains. Débordant peu à peu du cadre de sa mission initiale, il s’attache à développer la communication au sein de cet établissement traditionnellement peu loquace.
En 1995, il observe avec satisfaction l’arrivée à la présidence du groupe de James D. Wolfensohn, qui finira par venir à bout du conservatisme des technocrates du sérail. « La Banque a opéré une profonde mutation, juge Éric Chinje, elle est beaucoup moins dogmatique. Cela se traduit notamment par la nomination de cadres africains dans les différentes représentations du continent. C’est essentiel pour mieux comprendre ce qui s’y passe et coller de plus près aux réalités du terrain. » Sur des dossiers sensibles, comme celui du coton, le souci des intérêts des pays en développement contrebalance désormais les positions ultralibérales.

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