Rien ne va plus au CDP. Tandis qu’une frange, rassemblée derrière Eddie Komboïgo, prône la refondation, y compris en changeant le nom du parti, une autre, dont la figure de proue est Achille Tapsoba, défend une fidélité sans faille à Blaise Compaoré.
Une nouvelle occurrence de la querelle des anciens contre les modernes ? L’ancien parti de Blaise Compaoré, qui a régné sans partage sur la vie politique burkinabè jusqu’à la chute de l’ancien chef de l’État, en 2014, est plongé dans une guerre de tranchées sans merci. D’un côté, les « futuristes », tenants de la rénovation radicale telle que la défend Eddie Komboïgo, président du parti. De l’autre, l’aile « historique » du parti, dirigée par Achille Tapsoba, qui défend bec et ongle un respect scrupuleux de l’héritage politique du président déchu.
Officiellement chef de file de l’opposition depuis mars dernier, Eddie Komboïgo peut se targuer d’avoir été l’artisan du retour de son parti sur le devant de la scène politique burkinabè. Mais un quart de siècle après que le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ait été porté sur les fonts baptismaux, il entend mener le changement interne à marche forcée.