Politique

RDC : Jean-Marc Kabund annonce sa démission du poste de 1er vice-président de l’Assemblée

Le président par intérim du parti présidentiel en a fait l’annonce, sibylline, sur son compte Twitter. Cet homme, l’un des plus puissants du pays, est aussi contesté dans son propre camp.

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Mis à jour le 14 janvier 2022 à 16:17

Jean-Marc Kabund. © DR

L’annonce tient en seulement deux petites phrases, mais c’est une tempête dans la vie politique congolaise. Ce vendredi 14 janvier, en début d’après-midi, Jean-Marc Kabund-a-Kabund a annoncé sur son compte Twitter sa démission du poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale, une fonction qui a permis à cet homme de jouer un rôle stratégique, notamment dans la gestion de l’Union sacrée, la coalition de Félix Tshisekedi.

Dans son message, le président par intérim de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ne livre aucune explication. Mais il promet à ses militants, auprès desquels il reste extrêmement populaire, qu’il poursuivra le combat. « Ainsi s’ouvre une nouvelle page de l’histoire, qui sera écrite avec la sueur de notre front, qui coulera chaque jour qu’on affrontera les brimades, humiliations et tortures… »

Grave incident

Des mots écrits deux jours seulement après un grave incident survenu à sa résidence. En réponse à l’interpellation de l’un des leurs par des policiers chargés de la protection de Jean-Marc Kabund, des éléments de la Garde républicaine ont fait une descente à son domicile, à Kinshasa. Ils ont mis sa villa à sac.

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Selon nos informations, le lendemain, alors qu’elle voyageait de Lubumbashi à Kinshasa, son épouse a été prise à partie par d’autres éléments de la Garde républicaine, tant à l’aéroport de Luano qu’a celui de N’Djili. Elle aurait alors incité son mari à démissionner.

Aussi puissant que clivant

Homme-clé de l’UDPS et du premier cercle de Félix Tshisekedi depuis son arrivée au pouvoir il y a trois ans, Jean-Marc Kabund est un homme aussi puissant que clivant et contesté. Destitué de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale en mai 2020, il avait par la suite joué un rôle essentiel dans la formation de l’Union sacrée et le débauchage des élus du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila.

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Ce retournement de situation avait rendu possible le renversement de majorité à l’Assemblée nationale et la chute, en décembre 2020, du bureau dirigé par Jeanine Mabunda. Depuis, chaque fois que la majorité traversait une zone de turbulences, c’était notamment à lui qu’il revenait de remobiliser les troupes.

Mais les méthodes et le franc-parler de cet homme de 37 ans agaçait au sein même de son propre camp. Publiquement, il s’en était notamment pris au patron de la police congolaise et à François Beya, le conseiller en sécurité du chef de l’État. Il se comporte en « vice-président de la République », s’agaçait l’un des sécurocrates du régime récemment interrogé par Jeune Afrique. Une partie des cadres de l’UDPS lui reprochait également son style de gouvernance et réclamait le renouvellement de la direction du parti.

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Cette démission sonne comme un coup d’arrêt dans l’irrésistible ascension de Jean-Marc Kabund-a-Kabund. Reste désormais à savoir s’il sera également poussé à se mettre en retrait de l’UDPS. Ce vendredi, aux quelques militants venus l’acclamer devant sa résidence, il promettait qu’il ne les « trahirait jamais ».