Économie

Branle-bas de combat chez BGFIBank

Le Gabonais Henri-Claude Oyima compte remettre la banque panafricaine en ordre de bataille en 2022, année pivot pour le groupe, qui a fêté ses 50 ans l’année dernière et dont le PDG veut faire un futur centenaire.

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Mis à jour le 8 février 2022 à 19:33

Henri-Claude Oyima, PDG de BGFIBank, lors du CEO Forum à Abidjan, en 2016. © Eric Larrayadieu/AFRICA CEO FORUM/J.A

Trois ans à peine après avoir enclenché un vaste chantier de réforme de la gouvernance de BGFIBank, après des déboires qui ont entaché son image, son PDG vient de monter d’un cran le dispositif. L’objectif ? Montrer que le groupe bancaire privé né à Libreville en 1971, et qui s’étend au travers de douze implantations aujourd’hui, est une institution résiliente, solide et vertueuse, « dédiée au financement des économies africaines », martèle Henri-Claude Oyima. Plus de contrôle, plus de surveillance, davantage de conformité… Et surtout, cap sur la performance en 2022.

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Plan d’attaque pour 2022

Dans son « discours de la méthode » à l’ensemble des collaborateurs du premier groupe bancaire d’Afrique centrale, présenté lors d’une cérémonie de voeux le 3 janvier dernier, à Libreville, le PDG de BGFIBank, est revenu sur les « facteurs externes qui peuvent (nous) être défavorables ». Nulle allusion spécifique, toutefois, aux récentes révélations de l’enquête « Congo Hold-up », au sujet de diverses opérations controversées impliquant sa filiale à Kinshasa. Pour le management du leader de la Cemac, cet épisode est à ranger dans les rayons du passé, comme l’a détaillé son PDG dans un récent entretien à Jeune Afrique. Pas de recours (abusif) non plus à la crise du Covid-19 pour justifier de mauvais résultats.

Chacune de nos quatre activités sera pilotée de manière distincte

De fait, l’ambiance est plutôt au satisfecit.  Pour 2021, « nos réalisations, à date, sont conformes à notre budget prévisionnel. Et, alors que nous avions terminé l’année 2020 avec un total au bilan de plus de 3 500 milliards de F CFA (5,3 milliards d’euros), à fin octobre 2021, nous atteignons près de 4 000 milliards de F CFA », s’est félicité Henri-Claude Oyima. Selon nos informations, 4 500 milliards sont visés d’ici à la fin de 2022, BGFIBank pouvant compter sur la solidité de son segment de niche – la clientèle haut de gamme et les PME à fort potentiel –, qui lui a permis jusqu’ici d’être relativement épargné par la crise sanitaire.

Le plan d’attaque comprend une restructuration opérationnelle du groupe, « pour renforcer la gouvernance et les dispositifs de surveillance du groupe ». Ainsi, les fonctions de contrôle permanent et celles de gestion des risques ont été séparées. L’accent est renforcé sur les activités de conformité. Et la démarche de certification AML 30 000, de lutte anti-blanchiment et contre le financement du terrorisme, va être généralisée à l’ensemble des filiales du groupe à partir de cette année.

Oyini, Mengue, Nanfa…

« Nous avons regroupé les activités en quatre responsabilités, et chacune sera pilotée de manière distincte », explique le patron de BGFIBank. Le « pilotage de la performance » revient aux directeurs régionaux : à Huguette Oyini, DG adjointe du groupe, qui vient d’être nommée à la tête de la région CEEAC, en remplacement de Narcisse Obiang-Ondo, Loukoumanou Waidi, directeur de la « zone Gabon », et Malick Ndiaye, pour la région « Uemoa/ Europe Océan indien ».

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Le deuxième pilier, « l’efficacité opérationnelle », est aussi à la charge de Huguette Oyini. Sa mission englobe la réglementation, la réputation et la fiabilité du groupe, ainsi que la sécurité et le contrôle. Le « pilotage de la gouvernance », sera dévolu au secrétaire général du groupe (Ulrich Mengue). Il comprend la gestion de l’efficience de l’organisation, de la gouvernance et de la taille du groupe. Enfin, le quatrième volet, la « rentabilité du groupe », est pris en main par le directeur financier (Germaine Nanfa), avec pour périmètre la rentabilité des ressources et des investissements du groupe, ainsi que celui de la productivité. « On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer les choses, il faut construire un nouveau modèle », résume finalement le PDG du groupe.