Politique

Bénin : l’étau terroriste se resserre au Nord

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Mis à jour le 12 janvier 2022 à 17:23

Un centre de formation spécial a été construit à l’intérieur du parc national de la Pendjari où les rangers s’entrainent. © © STEFAN HEUNIS/AFP

En quelques semaines seulement, trois attaques jihadistes ont ciblé des militaires non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Jamais la pression n’a été aussi forte sur un pays qui se croyait sans doute dans l’angle mort du terrorisme.

Il est des coïncidences qui n’en sont pas. Entre le 30 novembre et le 6 janvier, le Bénin a essuyé pas moins de trois attaques jihadistes meurtrières. Toutes ont ciblé l’armée de terre et toutes ont eu lieu près de la frontière avec le Burkina Faso

Depuis l’enlèvement de deux touristes français et l’assassinat de leur guide béninois dans le parc de la Pendjari, en mai 2019, c’est la première fois que la pression jihadiste est aussi forte au Bénin. Mais ces incursions, qui ont coûté la vie à au moins quatre soldats, ne doivent rien au hasard : elles sont le fruit d’un processus d’implantation minutieusement réfléchi et d’une stratégie expansionniste qui vise les pays côtiers.

Les autorités béninoises sont-elles désarçonnées ? Elles communiquent en tout cas relativement peu. Il y a eu trois attaques, mais l’armée béninoise ne s’est exprimée qu’une seule fois. Le porte-parole du gouvernement, Léandre Wilfried Houngbédji, a récemment déclaré que « la lutte ne se [faisait] pas à coups de déclarations médiatiques ». Sauf que face au jihadisme, la guerre de communication est inévitable.

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