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Gaston Ouassénan Koné

S’il suffisait d’avoir le profil politique et l’expertise militaire pour être nommé Premier ministre d’une Côte d’Ivoire précisément en crise politico-militaire depuis plus de trois ans, Gaston Ouassénan Koné serait tout désigné. Mais dans ce pays où tout est « mélangé », comme on dit à Abidjan pour indiquer que plus personne ne s’y retrouve, la partie n’est pas simple pour ce général de gendarmerie à la retraite. Même si ses états
de service plaident pour lui : c’est un soldat qui a crapahuté un peu partout depuis la préparation militaire élémentaire (PME) jusqu’à la tête de la gendarmerie nationale, au lendemain de l’indépendance du pays, en passant par le Bataillon autonome de Côte d’Ivoire
(BACI), à Bouaké, l’école interarmes de Cherchel (Algérie), celle d’aviation de Dax, ou encore celle de gendarmerie de Melun, dans la région parisienne.
Après Cherchel, il sert d’ailleurs dans le Constantinois en qualité d’officier de l’armée française. Et ne rentre au pays qu’à la veille de l’indépendance, gravit rapidement les échelons et sera le deuxième commandant de la gendarmerie nationale, après l’indépendance. Autant dire qu’il connaît les forces de défense et de sécurité pour en
avoir fait partie. Mais aussi pour avoir eu sous sa responsabilité une partie d’entre elles, en tant qu’officier supérieur général et secrétaire d’État à l’Intérieur (1974) puis ministre de la Sécurité (1976) du président Félix Houphouët-Boigny et de son successeur Henri Konan Bédié (1994). Il y compte encore de nombreux relais. Originaire de Katiola, dans le Nord, où il est né le 24 avril 1939, il y a fréquenté l’école privée catholique de l’évêché et a même nourri des velléités de devenir prêtre, confient certains membres de son entourage.
Mais il ne sera pas pensionnaire du petit séminaire. Contrairement à son jeune compatriote et Sénoufo comme lui, Guillaume Soro, l’un des principaux acteurs de la crise.
Ouassénan a préféré poursuivre ses études secondaires au lycée classique et moderne de Bouaké, avant de rejoindre les casernes puis la politique sous la bannière du Parti
démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dont il est le président du groupe parlementaire depuis 2001. Et, deux ans plus tard, il est porté à la tête du Conseil des élus (députés,
maires, présidents de conseils généraux et gouverneurs de districts) de la formation houphouétiste.
De son passé militaire, il a gardé ce côté sec et direct, ce verbe parfois comminatoire qu’il ne sait pas toujours enrober, même s’il fut pendant sept ans ambassadeur en
Argentine, au Chili et en Uruguay. Ses adversaires disent même qu’il ne connaît d’autre degré que le premier, bien que chez lui on chercherait vainement, au détour d’un mot, une trace de roublardise. Il n’est pas un fonceur, mais il n’aime pas reculer. Ouassénan, l’ancien premier flic de Côte d’Ivoire, casseur de marches et autres manifestations, et Laurent Gbagbo, l’ex-premier opposant devenu chef de l’État, n’ont rien de commun. Tout les a opposés jusqu’ici du moins. Du haut de son autorité présidentielle, celui-ci a
même juré, en 2003, que lui au pouvoir, jamais le général ne serait ministre. Parviendra-t-il à mettre entre parenthèses le passé pour consentir à cohabiter avec lui ?

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