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CAN : la fête du foot africain (enfin) célébrée au Cameroun

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Cameroun, Algérie, Sénégal, Côte d’Ivoire… qui peut gagner la CAN ?

Mis à jour le 10 janvier 2022 à 18:39

Panneau annonçant le lancement de la CAN, le 9 janvier 2022, sur un marché de Yaoundé. © MABOUP

Reportée pour cause de Covid-19, la 33e édition de la Coupe d’Afrique des nations se tiendra au Cameroun du 9 janvier au 6 février 2022. Avec quelques favoris, mais aussi d’autres sélections capables de créer la surprise.

Djamel Belmadi n’a pas la réputation d’être un homme excessivement superstitieux, ni de passer son temps à fouiller dans le passé pour trouver les réponses du futur. Mais dans l’entourage du pragmatique sélectionneur de l’Algérie, qui a remporté la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2019, d’autres se sont peut-être chargé de consulter les archives de la compétition pour lui rappeler que seules trois sélections – le Ghana (en 1965), le Cameroun (en 2002) et l’Égypte (en 2008 et en 2010) – ont été capables de conserver leur titre.

L’Algérie est donc prévenue. Et elle ne peut par ailleurs ignorer que seules deux équipes nord-africaines ont été couronnées dans la partie subsaharienne du continent : le Maroc en Éthiopie en 1976 et l’Égypte au Burkina Faso en 1998, puis au Ghana en 2008 et enfin en Angola en 2010.

L’Algérie favorite

Malgré tout, l’Algérie est considérée comme le favori objectif de cette 33e édition de la CAN, tout simplement parce qu’elle n’a pas affiché la moindre faiblesse depuis le titre obtenu au Caire en juillet 2019 face au Sénégal (1-0). Vahid Halilhodzic, le sélectionneur du Maroc, l’a dit lui-même, en omettant soigneusement de citer le nom de l’équipe algérienne, qu’il a entrainée de 2011 à 2014, pour des raisons surtout liées à une realpolitik qui le dépasse un peu. Les Fennecs continuent en effet de bien jouer, de marquer beaucoup de buts et de ne pas perdre, portés par une armada d’individualités (Riyad Mahrez, Sofiane Feghouli, Islam Slimani et Baghdad Bounedjah) et le charisme de leur sélectionneur, qui n’a jamais dérogé à ses principes de jeu depuis la conquête de la CAN en Égypte.

Les Algériens, Djamel Belmadi en tête, assument ce statut de favori, tout en sachant que la CAN est une compétition capable de réserver des surprises de plus ou moins grande ampleur. Ils en sont la parfaite illustration, puisqu’en 2019, les coéquipiers de Mahrez n’étaient pas cités parmi les favoris, contrairement à l’Égypte, au Maroc, au Sénégal, au Cameroun ou à la Côte d’Ivoire. On se souvient également que le Cameroun avait quitté le Gabon lesté d’un trophée que personne – ou presque – n’avait songé à lui attribuer lors des concours de pronostics, et que le Zambie avait dansé sur le ventre des Eléphants ivoiriens en 2012.

Un effet Samuel Eto’o ?

Évidemment, on imagine davantage une pointure du continent s’installer au sommet du football africain le 6 février prochain qu’un outsider sorti de nulle part. On pense immédiatement au Cameroun, et pas seulement parce qu’il jouera à domicile – un atout que seule l’Égypte a su concrétiser, en 2006. Les Lions indomptables viennent d’achever une année 2021 très correcte, et sur le papier, ils ont une certaine allure. Les Camerounais misent aussi, avec ce brin de superstition qui accompagne souvent les footballeurs, sur l’effet Samuel Eto’o, élu le 11 décembre dernier président de la Fécafoot mais surtout connu pour avoir remporté la CAN à deux reprises (en 2000 et en 2002).

Parmi les autres prétendants, puisque tous les grands d’Afrique – à l’exception de l’Afrique du Sud et de la RDC (deux anciens vainqueurs) – se sont qualifiés, le Sénégal, finaliste en 2019, l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et éventuellement le Nigeria et le Ghana sortent du lot, mais dans le désordre, puisque le concours de pronostics reste à ce jour une science subjective.

Le Mali, le Burkina Faso, le Gabon et la Guinée ont le profil pour bousculer l’ordre établi

Et puisque le football est le sport collectif qui sait réserver les plus grosses surprises, il n’est pas si farfelu d’égrener la liste de ceux qui pourraient, à l’instar des Zambiens en 2012, bousculer l’ordre établi : le Mali, le Burkina Faso, le Gabon et la Guinée ont le profil. Les deux premiers possèdent un collectif soudé et les autres disposent d’individualités de classe international, Pierre-Emerick  Aubameyang et Naby Keïta.

Le reste du plateau est composé d’habitués (Cap Vert, Guinée-Bissau, Zimbabwe), de quelques revenants (Sierra Leone, Malawi, Soudan, Éthiopie, Guinée équatoriale), d’une confirmation de 2019 (Mauritanie) et de deux nouveaux, la Gambie et les Comores. Les ambitions de tout ce petit monde sont évidemment très éloignées de celles des autres participants. Mais cette CAN, décalée d’un an en raison de l’épidémie de Covid-19, aura connu une préface agitée.

Préparations perturbées

Le Cameroun, qui devait organiser la compétition en 2019 et qui été plusieurs fois été poliment mais fermement invité par la Confédération africaine de football (CAF) à accélérer la cadence des travaux, a parfois tremblé face aux rumeurs d’annulation, de délocalisation (au Qatar ou en Algérie notamment) ou de report, souhaité par Gianni Infantino, le président de la FIFA. Malgré la pression exercée par certains clubs européens parmi les plus puissants, inquiets à la perspective de voir partir pendant plusieurs semaines leurs joueurs, qui ont tenté jusqu’au bout de faire capoter l’organisation du tournoi, Yaoundé a tenu bon.

Mais cela a perturbé la préparation de plusieurs équipes, obligées d’attendre le 3 janvier, et non le 27 décembre, pour disposer de tout leur effectif. La pandémie de Covid-19 a fait le reste, en précipitant l’annulation de plusieurs matches amicaux (Algérie-Gambie, Côte d’Ivoire-Comores, Gambie-Syrie notamment) à cause d’un virus très présent au sein de certaines délégations.

Enfin, quatre sélectionneurs, les Français Hubert Velud (Soudan), Didier Six (Guinée), Corentin Martins (Mauritanie) et l’Allemand Gernot Rohr (Nigeria), qui avaient pourtant qualifié leur équipe, ont été limogés quelques semaines avant la CAN. Un avant-goût de ce qui se passera une fois la compétition terminée, quand, comme en 2019, d’autres têtes tomberont…