Politique

RDC : au Grand Kasaï, Félix Tshisekedi déjà en campagne pour 2023

À deux ans de la fin de son premier mandat, Félix Tshisekedi, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, tente déjà de s’assurer du soutien de sa base « naturelle ».

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Mis à jour le 31 décembre 2021 à 15:15

Félix Tshisekedi, alors candidat à la présidentielle, le 21 décembre 2018, au siège de l’UDPS, à Kinshasa. © Jerome Delay/AP/SIPA

Des scènes de liesse, des marées humaines… à chaque étape de la tournée de Félix Tshisekedi dans le Grand Kasaï, l’accueil est impressionnant. Mais il n’a rien d’étonnant : voilà le président sur sa terre natale. Dans un fief où aucun de ses rivaux, ni Martin Fayulu, ni Emmanuel Ramazani Shadary, n’avait osé aller lors de la campagne présidentielle de 2018.

Voilà une semaine que le président congolais sillonne les routes de cette région déshéritée du centre du pays. Le 24 décembre, veille de Noël, il a débuté par Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï oriental, avant de poursuivre par les autres provinces de la région. Après celle de Lomami, il devait arriver ce 31 décembre à Kananga, dans l’ancien Kasaï occidental.

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Nombreuses promesses

Situation précaire des travailleurs dans cette région minière, routes inexistantes, manque d’eau et d’électricité… le président congolais fait l’inventaire des besoins de cette région en manque criant d’infrastructures.

Je connais vos problèmes, vos difficultés et vos cris de détresse me sont parvenus

Selon l’entourage de Félix Tshisekedi, sa présence sur le sol kasaïen doit booster tous les projets de développement restés en suspens. Construction de 150 km de route devant relier Tshikapa à Kandjaji, à la frontière avec l’Angola, dans le cadre « du projet de cent jours », réhabilitation de la voirie urbaine, aménagement de la route Batshiamba-Tshikapa, réhabilitation du pont Loange en état d’abandon… les promesses sont nombreuses. Félix Tshisekedi a également annoncé le démarrage des travaux des routes reliant les différentes provinces, mais aussi, la réhabilitation imminente de l’aéroport de Mbuji-Mayi pour le désenclavement de la région.

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« Nous regarder dans les yeux »

« Je connais vos problèmes, vos difficultés et vos cris de détresse me sont parvenus », a déclaré le président candidat devant la population de Mbuji-Mayi, conspuant les responsables qui « ont volé l’argent destiné à la construction des infrastructures et au développement des provinces ». Lui qui assure faire de la lutte contre la corruption une de ses priorités a promis « la prison » à tous ceux qui ont détourné des fonds.

À mi-mandat, alors qu’après avoir dénoncé son alliance avec Joseph Kabila, le président a enfin les mains libres pour gouverner à sa guise, il n’a pas caché ses ambitions pour l’avenir. « En 2023, quand je reviendrai dans le cadre de la campagne électorale, nous allons nous regarder dans les yeux pour évaluer ce que nous aurons réalisé et solliciter vos suffrages pour un second mandat « .