Politique

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé, l’oublié de La Haye

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Par - envoyé spécial à La Haye
Mis à jour le 3 janvier 2022 à 15:59

Charles Blé Goudé, à La Haye, le 21 décembre2021. © Wiebe Kiestra, pour JA.

Il était le co-accusé de Laurent Gbagbo devant la CPI. Aux côtés de l’ancien président, il a enduré les années de prison et de procès avant d’être acquitté. Mais, contrairement à son mentor, l’ex-ministre ivoirien de la Jeunesse ne peut toujours pas rentrer au pays.

« Hi, this is Charles Blé Goudé. » Quand il se présente à l’interphone de la Cour pénale internationale (CPI), une certaine lassitude est perceptible dans la voix de l’ex-tribun de l’université d’Abidjan. Et pour cause : depuis bientôt deux ans, il est obligé de « pointer » tous les mardis et vendredis au siège de l’instance internationale, à La Haye. L’ancien détenu de Scheveningen a beau avoir été définitivement acquitté en mars dernier, il n’a pas pleinement recouvré la liberté.

Tenu de respecter les conditions fixées par ses juges, Charles Blé Goudé est assigné à résidence dans la cité néerlandaise et ne peut en sortir qu’avec une autorisation écrite du greffe de la CPI. En cette fin de décembre 2021, le soleil radieux ne suffit pas à faire remonter la température au-dessus des 0°C. Dans les bureaux attenant à la gare centrale, où il l’habitude de recevoir, il n’y a pas âme qui vive. Le gouvernement a en effet décrété un nouveau confinement pour tenter d’endiguer la propagation du variant Omicron.

Costume bleu marine et sens de la formule intact, l’ex-leader des Jeunes patriotes ne comprend pas pourquoi il est toujours coincé ici, dans cette ville européenne pour lui synonyme de prison, au lieu d’être parmi les siens, en Côte d’Ivoire. La cause de ce séjour prolongé ? Une demande de passeport qui s’éternise et qui a fini par prendre un tour politique.

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