Archives

Nadia Yassine

C’est un peu le visage moderne et féminin de l’islamisme marocain. Fille du Cheikh Abdessalam Yassine, fondateur et guide spirituel d’Al-Adl wal Ihsane, Nadia Yassine, 46 ans, est la porte-parole officieuse de ce mouvement en marge de la vie politique, mais dont les adeptes se comptent par dizaines de milliers à travers le royaume. Ancienne élève du lycée français de Rabat et licenciée en sciences politiques, Nadia Yassine est la coqueluche des journalistes, notamment étrangers, qui aiment la dépeindre comme une Pasionaria islamiste. Elle a basculé dans le militantisme après l’internement de son père dans un asile psychiatrique, à la fin des années 1970, alors qu’il avait dénié au roi Hassan II sa qualité de Commandeur des croyants. Mariée à Adbellah Chibani, un des disciples du Cheikh, membre du Majliss el-Choura, l’instance politique du mouvement fondamentaliste, et mère de quatre enfants, Nadia Yassine est fière de son hijab et constamment « Toutes voiles dehors » (titre de son livre-réquisitoire contre la culture occidentale, paru en 2003). Son credo, simple voire simpliste : islamiser la modernité, plutôt que moderniser l’islam. Peut-elle briguer la succession de son père ? Icône médiatique dépourvue de légitimité politique ou religieuse, Nadia Yassine est loin de faire l’unanimité au sein de sa famille d’idées. Elle agace les membres de la vieille garde, qui verraient d’un assez mauvais il une femme adoubée à la tête de leur mouvement. De toute façon, ses récentes provocations « républicaines » (elle avait défrayé la chronique en affirmant que la monarchie ne convenait pas au Maroc) en décideront peut-être pour elle. Elle doit être jugée le 14 mars à Rabat et risque de trois à cinq ans de prison. Jouera-t-elle l’apaisement ou la fuite en avant ? Son comportement à l’audience apportera des indications tant sur son avenir que sur la stratégie d’Al-Adl wal Ihsane pour 2007, une année charnière où le mouvement devra décider de sa transformation en parti politique dans le cadre des législatives, ou de son maintien dans l’illégalité.

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte