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L’art à la portée de tous

Par - Dominique Mataillet
Mis à jour le 6 juin 2005 à 01:00

Le lancement d’un mensuel consacré aux arts plastiques n’est pas chose courante. Encore moins lorsque la publication vise un large public. C’est pourtant le pari du mensuel Arts Magazine, dont le premier numéro est sorti en France le 1er juin.
« L’art ne reste pas dans les musées, il entre dans nos vies. » C’est de ce postulat que sont partis les fondateurs du magazine, Christine Kerdellant et Éric Meyer, deux journalistes chevronnés qui ont notamment dirigé L’Entreprise et Le Figaro Magazine – la première étant par ailleurs une ancienne collaboratrice de Jeune Afrique. À tous ceux qui parcourent les expositions et les galeries, mais aussi flânent dans les brocantes, visitent les châteaux et les églises, ou encore partent à la découverte des sites ayant inspiré les peintres, ils proposent des clés pour comprendre ce qui n’est pas immédiatement intelligible aux non-initiés. Toiles, sculptures, photographies, bâtiments, meubles… chaque oeuvre ou objet est assorti d’un commentaire permettant d’en saisir les tenants et les aboutissants.
Si cette première livraison consacre sa une aux impressionnistes, sujet très sage et un peu rebattu, on y trouve aussi des articles sur les icônes de l’art contemporain (Maurizio Cattelan, Damien Hirst, Marlene Dumas…), sur l’exposition Picasso qui s’ouvre à Bâle le 12 juin, sur les chefs-d’oeuvre français des XVIIe et XVIIIe siècles dans les collections allemandes (actuellement présentés au Grand Palais de Paris) ou encore un dossier sur la galerie des Offices de Florence.
Mais ce qui fait la vraie originalité de la revue et lui donne sa vivacité, c’est une série de rubriques très didactiques comme, par exemple, l’anatomie d’un tableau – L’Escamoteur de Jérôme Bosch – ou l’évolution historique d’un meuble, le canapé en l’espèce. Et, pour les amateurs d’antiquités ou d’objets insolites, des conseils pour bien acheter en salle des ventes.
La nouvelle publication, dont la formule pourrait être comparée à celle de Capital dans la presse économique et à Lire pour les livres, vise une diffusion de 60 000 exemplaires. Cela la situerait devant Beaux-Arts (53 500 exemplaires) et Connaissance des arts (41 000 environ). Si elle se démarque de ces titres, relativement difficiles d’accès, elle doit affronter la concurrence des hebdomadaires généralistes tels que Le Nouvel Observateur, L’Express et Le Point, dont l’offre culturelle est de plus en plus riche, ainsi que celle de Télérama, qui se vend chaque semaine à quelque 650 000 exemplaires. Quoi qu’il en soit, les débuts d’Arts Magazine sont très prometteurs.