Politique

Tchad : le Parlement de transition vote en faveur de l’amnistie pour rebelles et opposants

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Mis à jour le 25 décembre 2021 à 16:33

Mahamat Idriss Déby Itno, à N’Djamena le 12 juin. © Vincent Fournier pour JA

Le Parlement de transition au Tchad a largement voté vendredi soir en faveur d’une « amnistie générale » pour les rebelles et les opposants condamnés notamment pour « trahison ».

Cette mesure, annoncée à la fin du mois de novembre par les autorités, concerne 296 personnes condamnées – qu’elles soient ou non détenues – et répond à l’une des exigences des principaux groupes rebelles pour venir à la table des négociations du dialogue national à l’invitation du président Mahamat Idriss Déby Itno. Le jeune général 5 étoiles a pris la tête du Conseil militaire de Transition (CMT) au lendemain de la mort de son père, Idriss Déby Itno, le chef de l’État tué en avril 2021 dans des combats contre des rebelles.

« Nous remettons le compteur à zéro pour ces personnes condamnées et nous leur souhaitons de rentrer de façon sereine dans leur pays pour assister au dialogue », a déclaré samedi Abderaman Koulamallah, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication. « C’est une phase importante et historique de notre pays », a-t-il poursuivi. « L’amnistie a été une condition pour nos frères qui ont pris les armes, il est normal que le gouvernement accède à cette revendication », a avancé Abderaman Koulamallah.

Sont concernés « 39 personnes condamnées pour des faits d’atteinte à l’intégrité de l’État et de délits d’opinion » et « 257 membres » des groupes armés, détenus et jugés notamment pour « terrorisme » après une offensive de l’Union des forces de la résistance (UFR) en 2019, qui visait à renverser le président Déby. Le texte a été adopté par le Conseil national de transition (CNT), qui fait office de Parlement de transition, par 68 voix pour et une abstention.

« Le Tchad a besoin de tous ses fils afin de jeter des nouvelles bases. Notre pays a été trop longtemps l’otage de conflits et de rancœurs », a déclaré Ahmat Bedei Toullomi, membre du CNT, évoquant sa « fierté » après le vote.