Politique

Tunisie : Naoufel Saïed, l’omniprésent frère du président

Le frère de Kaïs Saïed est accusé d’ingérence dans les entreprises publiques, alors même qu’il n’a aucune fonction officielle. Explications.

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Mis à jour le 23 décembre 2021 à 16:50

Naoufel Saïed, le 11 octobre 2019. © Nicolas Fauqué

Si Naoufel Saïed n’a brigué aucun poste depuis l’élection de son frère, dont il était le directeur de campagne, il continue à le soutenir. Supporter inconditionnel de Kaïs Saïed, il partageait jusqu’ici ses opinions sur les réseaux sociaux et surveillait les éventuels débordements sur la toile. Mais depuis le 17 octobre, quelques jours après la désignation du nouveau gouvernement, le vice-président de la Ligue de Tunisie pour la culture et la pluralité (LTCP, proche de la mouvance islamiste) ne poste plus de réflexions sur la toile. Et semble avoir changé d’approche.

Donneur d’ordres

Ces dernières semaines, il intervient ainsi auprès des entreprises publiques, sans aucun mandat ni fonction officielle. « Sans justifier sa démarche, il arrive puis ordonne de réunir les directeurs », glisse un employé de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA). Cette initiative est mal passée : la direction a refusé d’obtempérer. L’observatoire Raqabah, dirigé par l’ancien député Imed Daïmi et qui veille à la transparence dans la fonction publique, a déposé à ce sujet une demande d’information auprès de l’OACA, comme l’y autorise la loi.

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Selon des sources au sein du département des entreprises publiques de la primature, Naoufel Saïed a également fait irruption au sein du conseil d’administration d’autres sociétés, sans que nul ne réagisse, supposant qu’il était envoyé par le président. Une omniprésence au sein des entreprises d’État – lesquelles n’ont, pour la plupart, pas présenté leur bilan depuis plusieurs années – qui attise les suspicions de népotisme.

Interrogé par JA, un avocat travaillant avec Tripoli rappelle par ailleurs le tropisme iranien du cadet des Saïed et l’insistance de ce dernier à être introduit auprès de la commission chargée de la gestion des biens libyens en Tunisie, sans qu’aucune explication n’ait été donnée.