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Mort d’une éminence grise

| Écrit par Tshitenge Lubabu M.K.

Conseiller spécial à la sécurité du président Joseph Kabila, Guillaume Samba Kaputo, 61 ans, est décédé le 1er août dans un hôpital de Johannesburg, en Afrique du Sud. Originaire du Katanga (Sud) mais né à Bukavu (Est), ce professeur de sciences politiques avait commencé sa carrière dans l’administration territoriale à l’époque de Mobutu Sese Seko. Secrétaire d’État, puis gouverneur de province jusqu’en 1991, il avait consacré un livre à la décentralisation et au problème – ô combien délicat – des minorités ethniques, notamment en Ituri (Nord-Est).
Après le changement de régime, en 1997, Samba Kaputo est « récupéré » par le nouveau pouvoir. Mais il n’apparaît pas aux avant-postes, se contentant d’être un modeste directeur de cabinet dans un ministère. Ce n’est qu’à partir de 2002, alors que le Dialogue intercongolais censé mettre fin à la guerre civile entre dans sa phase décisive, qu’il fait son grand retour. Expert dans la délégation gouvernementale, il travaille en étroite collaboration avec Katumba Mwanke, un proche de Joseph Kabila, qui est, à l’époque, ministre à la présidence. « Grâce à sa parfaite connaissance des dossiers, Samba a joué un rôle considérable lors des négociations de Sun City, raconte Dikanga Kazadi, l’un de ses anciens collaborateurs, aujourd’hui ministre de l’Intérieur du gouvernement provincial du Katanga. Avec son flegme presque britannique, il savait amortir les chocs, sans jamais rien laisser paraître. »
Pour le récompenser, Kabila le nomme directeur adjoint de son cabinet, puis conseiller spécial à la sécurité. Un poste clé, bien sûr Il devient une sorte d’éminence grise. Parallèlement, grâce à son « charisme social », il parvient à rassembler la communauté katangaise de Kinshasa, dont il était d’ailleurs le président. L’an dernier, il avait été élu député de Moba, sa ville natale, dans le Nord-Katanga.
Dikanga se souvient de Samba Kaputo comme d’un homme à l’intelligence vive, d’un bourreau de travail rivé à son bureau jusque tard la nuit, au détriment de sa vie familiale, mais discret, pondéré, casanier et détestant par-dessus tout les manifestations extérieures de richesse. Outre la recherche permanente du consensus, son credo en politique a toujours été : loyauté sans servilité.

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