Économie

Quand Cyrille Bolloré veut rassurer ses salariés africains

Mis à jour le 21 décembre 2021 à 17:48

Vincent Bolloré (g.) et son fils Cyrille Bolloré (dr), PDG du groupe Bolloré, arrivent pour assister à l’assemblée générale de Vivendi, le 19 avril 2018 à Paris. © ERIC PIERMONT/AFP

L’ouverture des négociations pour la vente des actifs portuaires africains du groupe Bolloré a surpris les équipes sur le continent. Le patron de cette branche a tenu à calmer leurs inquiétudes et a promis le maintien des emplois.

« Je devine votre surprise en lisant ces lignes »… Quelques instants après l’annonce, le 20 décembre à 18h (heure de Paris), du démarrage des négociations exclusives pour la cession de Bolloré Africa Logistics (BAL) à l’italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC), Cyrille Bolloré, PDG du groupe Bolloré, a tenu à rassurer ses collaborateurs africains. L’offre d’achat de MSC, estimée à 5,7 milliards d’euros (valeur d’entreprise nette des intérêts minoritaires), sera étudiée jusqu’au 31 mars 2022 avant un long processus de validation et le closing de l’opération.

Mais déjà, Cyrille Bolloré, dans une note interne au personnel dont Jeune Afrique a eu copie, explique les nouvelles opportunités de développement qu’offre ce deal qui concerne toutes les implantations portuaires en Afrique, en Inde, au Timor oriental et en Haïti. « Ce fut un effet de surprise, parce que nous n’avons pas vraiment eu des échanges sur la question de la cession. Au début, nous avions pensé à une rumeur jusqu’au communiqué [du 20 décembre] », explique un cadre ouest-africain du groupe sous le couvert de l’anonymat.

Le patron de Bolloré a tenu à rassurer sur la préservation des emplois avec une garantie de la pérennité des activités. « Nous partageons avec MSC beaucoup de similitudes », a-t-il insisté, soulignant l’actionnariat familial du groupe italo-suisse, détenu majoritairement par la famille Aponte, ainsi que l’inscription de sa stratégie « dans la durée » et la place accordée aux collaborateurs « au cœur de sa stratégie d’entreprise ».

Rebond de l’activité en 2021

Bolloré Africa Logistics revendique le statut de « plus grand réseau de logistique intégrée en Afrique », où il est présent dans plus de 45 pays, avec plus de 20 000 salariés et un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros en 2020, en recul de -10% « compte tenu de la contraction des activités de logistique en Afrique et de la fin de la concession du terminal de Douala (DIT) au Cameroun ». BAL gère seize concessions portuaires en Afrique.

Ces derniers mois, le groupe se félicitait du rebond de Bolloré Africa Logistics (+9 % à la fin septembre 2021) « grâce aux bonnes performances des terminaux portuaires (notamment Abidjan Terminal en Côte d’Ivoire, Bénin Terminal, Conakry Terminal en Guinée, TICT au Nigeria, Freetown Terminal en Sierra Leone), à la reprise des activités de logistique et de manutention en Afrique et d’une légère hausse de l’activité ferroviaire ».

Booster les projets en cours

« L’avantage avec MSC est que si le deal se concrétisait, nous pourrions être très compétitifs dans les appels d’offre à venir », explique, depuis Paris cette fois, un autre cadre de la direction, également sous le couvert d’anonymat en raison des règles de communication imposées par le groupe français.

Dans son message aux salariés africains, Cyrille Bolloré a développé le même message. Pour le dirigeant français, « la capacité d’investissement et les ressources de MSC » boosteront les projets en cours. Premier armateur mondial, MSC gère des terminaux au Togo et en Côte d’Ivoire, via sa filiale Terminal Investment Limited (TIL).

Message de Cyrille Bolloré aux salariés de Bolloré Africa Logistics.

Message de Cyrille Bolloré aux salariés de Bolloré Africa Logistics. © DR

D’autres investissements en Afrique

Au demeurant, a insisté Cyrille Bolloré, la cession de l’activité portuaire ne signifie pas un désengagement du groupe, qui promet de continuer d’investir dans ses autres filiales comme Canal+ et dans son réseau anglophone via MultiChoice.

Les investissements et développements se poursuivront également dans la fibre optique via GVA (Group Vivendi Africa), filiale de Vivendi, autre bastion de l’empire Bolloré, spécialisée dans la fourniture d’accès à internet haut débit sur le continent, présente à Libreville (Gabon), Lomé (Togo), Pointe-Noire et Brazzaville (République du Congo), Abidjan (Côte d’Ivoire) et Kigali (Rwanda), pour environ 400 salariés.