Politique

Mali : pourquoi Soumeylou Boubèye Maïga a été transféré dans une clinique de Bamako

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 20 décembre 2021 à 17:59

Soumeylou Boubeye Maïga, en mai 2016 à son domicile de Bamako. © Emmanuel DAOU Bakary pour JA

L’ancien Premier ministre a été hospitalisé, le 16 décembre au soir. Mis en cause dans l’affaire « Air IBK », il est incarcéré depuis le mois d’août.

Ses proches n’ont eu de cesse d’alerter sur la dégradation de son état de santé. Mercredi 16 décembre au soir, Soumeylou Boubèye Maïga (SBM) a été admis à la clinique Pasteur, un établissement privé de la capitale malienne.

Selon nos informations, cette hospitalisation dure plus de temps que prévu. Les médecins procèdent en effet à différents examens pour savoir de quelle pathologie souffre précisément l’ancien Premier ministre, placé sous mandat de dépôt dans l’affaire « Air IBK » et incarcéré, depuis le mois d’août, à la maison centrale d’arrêt de Bamako.

D’après l’un de ses proches, SBM a perdu beaucoup de poids depuis qu’il est derrière les barreaux, mais il reste « combatif et optimiste ».

État de santé dégradé

Samedi 11 décembre, son entourage avait alerté Mahamadou Timbo, procureur général de la Cour suprême, de la dégradation de son état de santé. Le procureur avait étudié la demande, avant de s’engager à délivrer le document permettant son hospitalisation.

L’ordre de transférer le détenu vient néanmoins de plus haut, puisque ce sont des agents de la Sécurité d’État (SE), qui ont sorti Soumeylou Boubèye Maïga de sa cellule, le 16 décembre, pour le conduire à la clinique Pasteur. Sa deuxième audition, qui devait avoir lieu le lendemain, a été reportée.

Depuis trois mois, le cas du « Tigre » mobilise de nombreux dirigeants de la sous-région. Son sort a déjà été discuté à plusieurs reprises lors des derniers sommets des chefs d’État de la Cedeao consacrés à la crise politique au Mali.

Selon nos sources, Macky Sall, Roch Marc Christian Kaboré ou encore Nana Akufo-Addo ont récemment plaidé sa cause auprès du président malien de la transition, Assimi Goïta. Lequel est toujours demeuré impassible : « Il ne disait jamais non, mais il ne disait jamais oui non plus », confie une source proche du dossier. Même le chérif Ousmane Madani Haïdara, qui préside le Haut conseil islamique malien (HCIM), a défendu la sortie de prison de SBM auprès de Goïta.

Les demandes de remise en liberté conditionnelle déposées par ses avocats ayant été rejetées, les proches de SBM restent suspendus à ses résultats médicaux. Ils espèrent qu’ils seront enfin entendus si les médecins préconisent une évacuation sanitaire vers l’étranger.