Politique

Rwanda, Tchad, Maroc… Comment Israël mène son offensive diplomatique en Afrique

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Mis à jour le 4 janvier 2022 à 14:39

Le président rwandais Paul Kagame, à droite, s’entretient avec le chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahu, à Kigali, le 6 juillet 2016 © CYRIL NDEGEYA/AFP

Sous l’impulsion de Benyamin Netanyahou, l’État hébreu a renoué avec le continent. Après avoir normalisé ses relations avec de nombreux pays, Tel-Aviv continue de développer sa coopération sécuritaire et économique. Et espère intégrer l’Union africaine au titre d’observateur.

Depuis quelques années, « Israël est de retour en Afrique », comme n’a cessé de le proclamer Benyamin Netanyahou. L’ex-Premier ministre israélien l’avait annoncé une première fois lors de sa tournée historique de juillet 2016 dans l’est du continent (Ouganda, Rwanda, Kenya et Éthiopie), puis l’a répété un an plus tard lors du 51e sommet de la Cedeao organisé à Monrovia. Il a ensuite complété la formule en novembre 2018, à la suite des visites du président rwandais, Paul Kagame, de son homologue togolais, Faure Gnassingbé, et de l’ancien chef d’État tchadien Idriss Déby Itno. C’est alors « l’Afrique qui est de retour en Israël ».

C’est peu de dire que Benyamin Netanyahou n’a pas ménagé ses efforts pour voir son pays retrouver au minimum la place et l’influence qui était la sienne en Afrique, avant ses exploits militaires de 1973, pendant la guerre du Kippour. Le tout jeune État juif bénéficiait alors d’un capital de sympathie certain auprès des pays africains tout juste indépendants. Israël comptait dans les années 1960 jusqu’à 33 ambassades, multipliait les actions d’aide au développement à travers le continent et siègeait, en tant qu’observateur à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), l’ancêtre de l’UA. Avant d’être mis à l’index du continent pendant plus de deux décennies, puisque c’est avec la signature des accords d’Oslo, en 1993, qu’Israël commença à reprendre lentement ses relations diplomatiques avec la majorité des pays du continent.

Moins d’une quinzaine d’ambassade