Politique

L’aigle et le tigre d’eau, par François Soudan

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Mis à jour le 27 décembre 2021 à 17:11
François Soudan

Par François Soudan

Directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

Discours en visioconférence du président chinois, XI Jinping, lors de la cérémonie d’ouverture du Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) de Dakar, le 29 novembre 2021. © LIU BIN/ Xinhua via AFP

L’Afrique servira en 2022 de terrain inattendu pour une compétition de « soft power » dont elle pourrait tirer profit – à condition bien sûr de savoir louvoyer entre les pôles d’influence, notamment Washington et Pékin.

Entre l’aigle américain toutes ailes déployées, le tigre d’eau sous le signe duquel s’annonce l’année chinoise et les douze étoiles de l’Union européenne (UE), l’Afrique servira en 2022 de terrain inattendu pour une compétition de « soft power » dont elle pourrait tirer profit – à condition bien sûr de savoir louvoyer entre les pôles d’influence.

Chacun avance ses pions

Comme au jeu de go, chacun avance ses pions dans le cadre d’une stratégie combinatoire dont le but est d’étouffer l’adversaire. Les Chinois ont bougé les premiers avec, fin novembre dernier, un Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) dakarois à grand spectacle au cours duquel ils ont noyé sous un flot de périphrases sucrées les rares critiques de quelques chefs d’État à propos du joug insoutenable de la dette.

Les Américains ont riposté deux semaines plus tard avec un « Sommet mondial pour la démocratie » auquel étaient virtuellement invités dix-sept présidents africains triés sur le volet (dont trois francophones et aucun maghrébin).

Quant aux Européens, c’est sous la présidence d’Emmanuel Macron qu’ils organiseront, à la mi-février, leur propre conférence euro-africaine.