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Le président rwandais Paul Kagame, à droite, s’entretient avec le chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahu, à Kigali, le 6 juillet 2016 © CYRIL NDEGEYA/AFP

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Israël-Afrique : l’offensive diplomatique de Tel-Aviv

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Économie

Israël-Afrique : « Le secteur privé a toujours été à l’avant-garde »

Avec plus de 300 membres, la Chambre de commerce Israël-Afrique est le fer de lance des entreprises israéliennes sur le continent, souligne sa présidente Ayala Wittner.

Mis à jour le 26 janvier 2022 à 17:06

Ayala Wittner, présidente de l’AICC. © AICC

Créée en 1996 pour redynamiser les relations économiques d’Israël avec le continent africain, la Chambre de commerce Israël-Afrique (AICC) compte aujourd’hui plus de 300 entreprises membres, toutes israéliennes. Pour l’instant. « Nous réfléchissons en effet à la possibilité d’accueillir des compagnies africaines, notamment via les accords que nous avons conclus avec certaines chambres consulaires sur le continent », précise Ayala Wittner, sa présidente.

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L’essentiel pour cette financière de carrière est de voir l’organisation, dont elle a la charge depuis cinq ans, renforcer son influence, plus encore peut-être d’avoir l’oreille des autorités publiques en Israël. Surtout au moment où le gouvernement semble avoir pris conscience du potentiel de l’Afrique, comme le secteur privé israélien l’avait fait longtemps avant lui.

Jeune Afrique : L’AICC a fêté ses vingt-cinq années d’existence en 2021. Quels étaient ses objectifs de départ ?

Ayala Wittner : Ils ont toujours été de favoriser et d’améliorer les relations commerciales entre Israël et les pays d’Afrique subsaharienne. Nous fournissons à nos membres toutes les informations nécessaires pour qu’ils puissent développer leur business sur le continent et, avec le temps, l’AICC est également devenue une interface très active dans les différents champs de la coopération israélienne avec l’Afrique : de la promotion des relations commerciales bilatérales à l’identification des opportunités d’affaires et des partenaires potentiels.

L’affinité existante entre Israël et l’Afrique ne dépend pas des gouvernements qui se succèdent à Tel-Aviv

Quels sont les principaux secteurs d’activités demandeurs de l’expertise israélienne en Afrique ?

Nos compagnies membres travaillent dans plus de quarante pays à travers le continent. Sur l’ensemble des différents secteurs, elles apportent une vraie valeur ajoutée : dans l’agriculture, l’eau et l’énergie avec à chaque fois des solutions renouvelables –, la communication, la santé et l’éducation. La demande en Afrique est énorme et nous disposons de toute la technologie nécessaire pour y répondre.

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Comment travaillez-vous avec les autorités publiques israéliennes ?

Nous maintenons une collaboration très serrée avec les ministères concernés, ainsi qu’avec les différentes organisations et institutions publiques comme le Mashav ou l’Israel Export Institute. Nous avons aussi des relations régulières avec les différentes missions diplomatiques africaines établies en Israël.

Que pensez-vous de la stratégie des gouvernements israéliens en Afrique ?

Le secteur privé israélien a de tout temps été à l’avant-garde de la présence israélienne en Afrique, dans la foulée des liens tissés dès les années 1950 entre Israël et le continent, fondés sur la solidarité et l’engagement.

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Nous croyons tous ici au potentiel de l’Afrique et nous sommes prêts à partager notre expertise et notre expérience avec les pays qui le souhaiteront. L’affinité existante entre Israël et l’Afrique ne dépend pas des gouvernements qui se succèdent à Tel-Aviv, elle s’inscrit dans la durée de nos relations avec le continent.