Politique

Mali : une deuxième basketteuse accuse le coach Bamba d’agression sexuelle

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Par - à Bamako
Mis à jour le 14 décembre 2021 à 14:49

Aya*, 17 ans, est la première jeune fille à avoir porté plainte contre le coach Amadou Bamba pour chantage et agression sexuelle, au Mali. © Manon Laplace

Depuis six mois, l’affaire ébranle le monde du basket malien. Après qu’une première plainte de joueuse de la sélection nationale a été déposée contre Amadou Bamba, le sélectionneur de l’équipe féminine des moins de 19 ans, une deuxième joueuse brise le silence. À Jeune Afrique, elle dénonce l’agression sexuelle dont elle se dit victime.

Oumou (prénom d’emprunt) était mineure au moment des faits. Dans la plainte que la jeune fille a déposée jeudi 9 décembre au Camp I de la gendarmerie de Bamako, et à laquelle Jeune Afrique a eu accès en exclusivité, la joueuse accuse le coach de basket Amadou Bamba de l’avoir exclue de la sélection nationale pour avoir refusé ses avances, après l’avoir agressée sexuellement.

« Il m’a poussée sur le lit […] il a touché mes seins et mes parties intimes. À ce moment-là, j’ai dit à l’entraîneur Bamba que je n’acceptais pas ce genre de comportement entre nous. […] Il était extrêmement énervé. Donc il m’a exclue de l’équipe », peut-on lire dans la plainte adressée au procureur de la commune IV de Bamako. Selon la jeune femme, les faits remonteraient à la Coupe du monde à laquelle les jeunes basketteuses maliennes ont participé en juillet 2019, en Thaïlande.

Un scénario identique

L’homme, qui est à la tête de la sélection féminine depuis 2016, est poursuivi pour « pédophilie, tentative de viol et attentat à la pudeur » suite à la plainte d’une première joueuse, dont le témoignage ressemble à celui d’Oumou.

Comme la première plaignante, que Jeune Afrique avait rencontrée en novembre dernier, Oumou décrit un système de chantage sexuel, qui a mené dès qu’elle l’a refusé à son exclusion de l’équipe. Dans les deux cas, les joueuses accusent leur ancien coach d’avoir profité d’un déplacement à l’étranger pour faire venir des filles dans sa chambre d’hôtel ou les rejoindre dans la leur, les isolant du reste du groupe. Dans les deux cas, les jeunes filles étaient mineures.

Déjà entendue en tant que témoin dans le dossier de la première plaignante, Oumou a décidé de se constituer partie civile. Selon nos informations, au moins deux joueuses supplémentaires auraient été victimes de harcèlement de la part de leur coach. Elles sont actuellement en contact avec les autorités judiciaires mais n’ont pour l’instant pas décidé de porter plainte.