Politique

Covid : un cluster des présidents ouest-africains dans le sillage de Ramaphosa ?

Mis à jour le 13 décembre 2021 à 16:38
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez © Damien Glez

Alors qu’il revenait d’une tournée en Afrique de l’Ouest et que s’ouvrait le sommet de la Cedeao au Nigeria, le président sud-africain a été testé positif au coronavirus. Gare aux cas contacts…

Le Landerneau des chefs d’État atteindra-t-il bientôt la sacro-sainte immunité collective que l’on suppose salvatrice ? Du Français Emmanuel Macron au Brésilien Jair Bolsonaro, des plus prudents au plus covido-sceptiques, le coronavirus ne fait guère de différence entre dirigeants et citoyens lambda. Mais les uns et les autres ne sont pas tous logés à la même enseigne, en matière de conditions de prise en charge. Sur un continent africain un peu lapidairement qualifié d’« épargné », le gratin politique pourrait être plus largement testé positif, après la récente tournée du président sud-africain…

Cluster de luxe ?

Au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Sénégal, Cyril Ramaphosa pourrait avoir été récepteur et/ou vecteur du virus. Testé négatif au Covid-19, comme toute sa délégation, le 8 décembre dernier, au Sénégal puis à son retour à Johannesburg, il a ressenti des symptômes bénins au Cap ce dimanche 12 décembre, après avoir quitté le service commémoratif d’État en l’honneur de l’ancien vice-président Frederik de Klerk.

Après avoir délégué toutes les responsabilités présidentielles au vice-président, David Mabuza, pour l’ensemble de la semaine prochaine, le chef d’État est en auto-isolement dans la capitale sud-africaine, suivi par le service de santé militaire de la Force de défense nationale SANDF).

Craignant un effet domino, on tente d’évaluer les temps d’incubation potentiels de quelques sommités africaines

Craignant un effet domino, les spécialistes de la diplomatie sanitaire font tourner à plein régime les calculettes et les calendriers électroniques, afin d’évaluer les temps d’incubation potentiels de quelques sommités africaines. Car c’est le même 12 décembre – date du test positif de Ramaphosa – que se sont retrouvés nombre de cas contacts du président sud-africain au 60e sommet de la Cedeao. Un sommet dit ordinaire qui pourrait constituer un cluster de luxe.

De l’eau au moulin complotiste

Les paranoïaques observent que Ramaphosa s’est arrêté à Abuja, que son pays est officiellement la nation africaine la plus touchée par les vagues de coronavirus –avec 3,1 millions de cas au compteur, dont plus de 90 000 morts – et que c’est là que la nouvelle forme de Covid-19 – le variant Omicron – a été détectée le mois dernier.

Mais il y a peut-être moins à craindre des hypocondriaques que des sceptiques du vaccin. Alors que la réticence envers les piqûres anti-Covid est annoncée comme persistante en Afrique de l’Ouest, les complotistes auront beau jeu de surligner que le président sud-africain, 69 ans, était entièrement vacciné. Certes, les tenants de la vaccination n’ont jamais affirmé que celle-ci empêchait absolument la transmission, mais les adeptes des fake news ne s’arrêtent pas à de telles nuances.

Eau potentielle à leur moulin approximatif, une étude sud-africaine de l’Institut africain de recherche sur la santé (AHRI), pas encore approuvée par la communauté scientifique et construite sur un échantillon restreint de douze patients, a récemment avancé qu’« Omicron échappe en partie à l’immunité conférée par le vaccin Pfizer ».