Économie

Othman Benjelloun mise sur les start-up

L’homme d’affaires marocain puise dans ses fonds propres pour lancer Finatech Group, une structure de financement dédiée aux technologies de l’information.

Par - Jean-Michel Meyer
Mis à jour le 27 octobre 2016 à 16:55

Dix-huit. C’est le nombre d’entreprises marocaines des technologies de l’information qui sont passées sous le contrôle de Finatech Group en à peine plus de six mois ! Né en juin 2007 d’une initiative de l’homme d’affaires marocain Othman Benjelloun, qui l’a financée sur ses deniers personnels en injectant 40 millions d’euros, Finatech Group est indépendant des autres activités qu’il dirige, dont le groupe BMCE Bank et le holding Finance.com. L’ensemble de ces sociétés (Profilum, Sysnek), détenues entre 51 % et 100 %, regroupent 520 salariés pour un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros, qui devrait doubler d’ici à 2010.
Spécialisées dans les infrastructures réseaux, le web marketing, la gestion électronique de documents, les bases de données, l’audiovisuel elles forment les premiers jalons d’une Silicon Valley marocaine. « Nous essayons de stimuler une culture du travail en synergie en injectant du capital dans ces entreprises, pour les booster, et former un univers de sociétés complémentaires pour développer des compétences dans le pays et toute la zone », explique Rachid Sefrioui, le PDG de Finatech Group. Une stratégie d’acquisition qui s’étend en Afrique et en Europe. Une douzaine de contacts sont en cours avec des entreprises européennes, par exemple dans la gestion de documents bancaires ou d’assurances. Les négociations pourraient déboucher sur une à deux acquisitions en 2009. Une partie de leur activité devrait être délocalisée au Maroc pour alimenter le volume d’affaires des sociétés sur place.
Finatech Group a par ailleurs pris des participations dans neuf sociétés américaines spécialistes des semi-conducteurs et des nanotechnologies, toutes implantées dans la Silicon Valley américaine. « L’idée est d’avoir accès à des technologies et des brevets en amont de nos activités pour les développer », souligne Rachid Sefrioui. Et grâce à un dollar très bas, il négocie huit nouvelles opérations aux États-Unis, qui pourraient en partie déboucher avant la fin de l’année. Mais après avoir ouvert la voie, Othman Benjelloun cherche à mobiliser de nouveaux investisseurs, marocains ou non, pour poursuivre et financer la stratégie de Finatech Group. Il a programmé, certainement à la fin du premier semestre 2008, une levée de capitaux d’un minimum de 50 millions d’euros. Après avoir entendu six banques d’affaires marocaines, fin décembre, à Paris, Finatech Group a décidé de se faire accompagner dans cette opération au royaume par Casablanca Finance Group, une structure indépendante détenue à plus de 80 % par ses dirigeants. Et c’est la banque HSBC qui en sera chargée à l’international.