Politique

Cameroun : Samuel Eto’o élu à la tête de la Fecafoot

L’ancien international a été élu président de la Fédération camerounaise de football ce samedi, au terme d’une campagne riche en rebondissements.

Mis à jour le 22 décembre 2021 à 09:45

Samuel Eto’o, en 2018 à Paris. © Vincent FOURNIER/JEUNE AFRIQUE

L’annonce a été saluée par une explosion de joie dans les rues de Yaoundé. La légende vivante du football camerounais, Samuel Eto’o, 40 ans, a été élu à la tête de la Fédération camerounaise de football pour un mandat de quatre ans. « C’est historique. Cette élection s’est déroulée dans un esprit démocratique et constructif », a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

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Il a obtenu 43 voix contre 31 pour son seul adversaire, le président intérimaire sortant de l’instance, Seidou Mbombo Njoya. Les cinq autres candidats s’étaient désistés en faveur de l’un ou de l’autre au fil des semaines de la campagne.

Tensions et suspicions

Retransmise en direct à la télévision, l’élection s’est tenue à Yaoundé, dans un hôtel bouclé par la police, en raison des risques de débordement. Dans la salle chauffée à blanc par des suspicions de fraude de la part de l’administration sortante, le président de la Commission électorale, le magistrat Gilbert Schlick, a eu du mal à conduire le processus.

Décontracté mais combattif, Samuel Eto’o était présent dans la salle. Lui et ses partisans ont demandé des changements dans le dispositif électoral mis en place. La Commission a concédé quelques aménagements mais a refusé de disqualifier Jules Denis Onana, dont le mandat au sein du collège électoral émis par le Syndicat national des footballeurs camerounais – soutien de Samuel Eto’o – avait été retiré la veille.

Réseaux sociaux et lobbying

Ce scrutin est l’épilogue d’une âpre campagne électorale au cours de laquelle les deux candidats rivaux ont choisi non pas de s’adresser uniquement au collège de 76 délégués électeurs, mais d’en appeler aussi à l’opinion publique, notamment par le biais d’intervention sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Dans le même temps, les équipes des candidats ont déployé un intense lobbying pour convaincre les délégués. Ceux-ci sont des élus des ligues régionales, des représentants de présidents de clubs, de la corporation des arbitres, des syndicats de joueurs, du football féminin…

Dans cette campagne, l’ex-capitaine des Lions indomptables – que certains soupçonnent de caresser des ambitions politiques dans son pays – bénéficiait de nombreux appuis. Des alliés qui ont permis à Samuel Eto’o de remplir ce pari, deux ans après que le footballeur ai raccroché les crampons, après un dernier passage sur le terrain au Qatar.