Politique

Mali : la pression monte à l’URD pour trouver le remplaçant de Soumaïla Cissé

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Mis à jour le 9 décembre 2021 à 14:55

Soumaïla Cissé, lors de sa campagne à Bamako, en juillet 2018. © MICHELE CATTANI/AFP

Un collectif proche de l’ancien Premier ministre Boubou Cissé s’est constitué afin d’exiger la tenue d’un congrès extraordinaire. Objectif : désigner rapidement le nouveau président du parti.

Près d’un an après la disparition prématurée de Soumaïla Cissé, le 25 décembre 2020, des voix s’élèvent au sein de l’Union pour la république et la démocratie (URD) pour désigner son successeur. Tel était l’objectif de la 10ème conférence nationale du parti, organisée le 22 octobre dernier. Toutefois, celle-ci a tourné au « fiasco », confie à Jeune Afrique une source interne.

Mamadou Hawa Gassama, 23ème vice-président de l’URD et membre du Conseil national de transition (CNT) et une grande majorité des cadres du parti souhaitaient en effet organiser un congrès extraordinaire pour élire le nouveau dirigeant. Mais ils n’ont pas été entendus par Salikou Sanogo, le vice-président de l’URD, qui assure l’intérim depuis le décès de Soumaïla Cissé.

Pétition

Face à cet échec, des membres du parti se sont regroupés, le 9 novembre, au sein du Collectif pour la sauvegarde de l’URD (CPS-URD). Celui-ci est composé de figures emblématiques, proches de l’ex-Premier ministre Boubou Cissécomme Coulibaly Kadiatou Samaké, ancienne 4ème vice-présidente de l’URD ; Gouagnon Coulibaly, ex-directeur de campagne de Soumaïla Cissé ; Abdoul Wahab Berthé, secrétaire chargé de la justice et des institutions de l’URD ; Amadou Cissé, ancien député de Tenenkou ou encore Beffon Cissé, 24ème vice-président.

Dans une lettre adressée au président de la Commission nationale de la conciliation et d’arbitrage, que Jeune Afrique a pu consulter, ce groupe dénonce l’exclusion des 3ème, 5ème et 6ème vice-présidents de la composition du présidium de la conférence du 22 octobre, alors que tous sont membres du bureau exécutif national (BEN) et étaient présents ce jour dans la salle.

« Cette configuration intervenue contrairement aux habitudes et à la jurisprudence est créée sciemment pour imposer la volonté d’une seule personne, fût elle 1er vice-président du parti, ou en tout cas, d’une minorité entretenue, écrit-il dans son courrier. L’organisation, le budget, le financement de la conférence nationale et la source de financement n’ont jamais été soumis au BEN, encore moins au secrétaire exécutif pour validation. » Face à ces irrégularités présumées, il dénonce un parti « en pleine dictature » et qui se « personnalise. »

Le CPS-URD, qui représenterait deux tiers des membres du bureau national, a initié une pétition qui a été signée par plus de 180 membres de la formation. L’objectif est de forcer la tenue d’un congrès extraordinaire avant même la désignation du prochain candidat de l’URD pour l’élection présidentielle.

Plus de crédibilité

Une première victoire semble se dessiner, puisque selon l’article 51 du règlement intérieur de l’URD, « le congrès extraordinaire est convoqué par le BEN au moins quinze jours avant sa tenue, à la demande des deux tiers des membres du BEN ou des deux tiers des sections ou de la conférence nationale à la majorité simple. Il ne peut porter que sur son ordre du jour ».

Toujours selon nos sources, ce collectif souhaiterait que Gouagnon Coulibaly soit le futur président de l’URD. « Les cadres jugent que son profil peut donner plus de crédibilité au parti sur la scène politique », confie l’un d’entre eux, contrairement à celui de Salikou Sanogo, jugé trop « passif ». Le CPS-URD souhaite également que ce congrès se tienne dans les plus brefs délais pour qu’au sortir des Assises nationales pour la refondation du pays (du 11 au 31 décembre), l’URD ait un président solide et apte à s’asseoir à la table des négociations avec les membres de l’exécutif.

Alors que le parti s’apprête à commémorer la première année de la disparition de Soumaïla Cissé, les membres du collectif plaident enfin pour que la cérémonie d’hommage ait lieu le 1er janvier, jour des obsèques de leur leader charismatique. Et espèrent que leur nouveau chef sera élu d’ici là.