Économie

Algérie : Chahar Boulakhras, PDG de Sonelgaz et VRP du renouvelable

Appuyé par le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab, le patron de la compagnie publique veut séduire les investisseurs internationaux pour faire décoller les projets solaires dans le pays et accélérer le développement combiné des énergies vertes et de l’extraction de gaz.

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Mis à jour le 15 décembre 2021 à 14:47

Chahar Boulakhras, PDG de Sonelgaz depuis 2019 est également le principal représentant du secteur algérien des énergies renouvelables. © DR

À l’Africa Oil Week, qui rassemblait les professionnels du pétrole en Afrique, du 8 au 12 novembre derniers à Dubaï, il représentait l’Algérie à lui tout seul. Une véritable performance, quand la plupart des autres pays du continent avaient envoyé pour l’occasion des délégations entières menées par le ministre de l’Énergie ou des Hydrocarbures.

Depuis mai 2019 aux manettes de Sonelgaz, qui distribue gaz et électricité en Algérie, le fringant Chahar Boulakhras s’affiche aux yeux des investisseurs comme la figure incontournable du secteur naissant des énergies renouvelables du pays.

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Avec l’appui du puissant ministre de l’Énergie Mohamed Arkab, il veut susciter des partenariats entre Sonelgaz et les sociétés internationales pour atteindre le très ambitieux objectif d’Alger : doter le pays d’une capacité de 15 000 MW de production électrique renouvelable à l’horizon 2035… à comparer aux chiffres actuels bien modestes de quelque 500 MW installés et de 1 000 MW en projet.

Le gaz, indispensable encore longtemps

Chems Eddine Chitour, ministre de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, souhaite certes que toutes les initiatives en la matière soient sous sa coupe, mais il est peu audible face à son collègue Mohamed Arkab. Celui-ci, qui chapeaute à la fois Sonelgaz et Sonatrach, entend que le secteur des énergies renouvelables demeure dans son périmètre au nom des synergies entre les différentes filières énergétiques… grâce à Chahar Boulakhras et à sa capacité à séduire les investisseurs.

L’Algérie a le droit et même le devoir d’utiliser au mieux les ressources de son sous-sol

Si ce dernier s’est rendu à l’Africa Oil Week, et non à une manifestation autour des énergies vertes, c’est qu’il se fait l’avocat d’une transition énergétique qui n’abandonne pas le gaz, présenté comme un “fossile propre indispensable pendant au moins trois décennies” au mix algérien.

Et l’ingénieur pétrolier de formation de décliner la pensée du gouvernement algérien : « L’Algérie – tout comme les autres pays africains – a le droit et même le devoir d’utiliser au mieux les ressources de son sous-sol pour continuer son développement tout en réduisant ses émissions de CO² », affirme-t-il.

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Chahar Boulakhras met en avant la conversion au gaz des centrales électriques du sud algérien carburant auparavant au gasoil ainsi que la montée en puissance de SKT, la coentreprise Sonelgaz-Sonatrach chargée de développer les projets d’électricité renouvelables en Algérie.

Attirer les financements et les compétences

À Dubaï, Chahar Boulakhras escomptait avant tout susciter des partenariats avec des majors pétrolières capables de les aider sur les deux tableaux, gazier et solaire, à l’instar de ceux conclus avec le géant italien ENI.

Le pays est ouvert. Il y a de la place pour tous les acteurs privés

« Tout l’écosystème pour un décollage des énergies renouvelables est désormais en place : les aspects légaux, fiscaux et réglementaires, la commission de régulation, et la stratégie de développement, il nous faut attirer les financements et les compétences, locales et internationales », explique-t-il. Il met l’accent sur les compétences de Sonelgaz en matière de gestion des centrales hybrides (gaz-gasoil ou gaz-solaire) et de la connectivité électrique, y compris à un échelon panafricain.

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« La loi des 51-49 [qui obligeait les groupes étrangers à avoir un partenaire algérien à hauteur de 51 % du capital de leur filiale locale] a été abrogée, le pays est ouvert. Il y a désormais de la place pour tous les acteurs privés, aussi bien locaux qu’internationaux, pour se positionner sur le formidable potentiel solaire algérien », a-t-il lancé à l’auditoire. Un auditoire principalement intéressé par le gaz et le pétrole algériens, mais pour lequel les énergies renouvelables peuvent constituer une porte d’entrée dans le pays…