Politique

Guinée : pourquoi le Conseil national de transition n’est toujours pas formé

Le pouvoir de Mamadi Doumbouya veut entériner la composition du CNT avant le sommet de la Cedeao, le 12 décembre. Mais les partis politiques ne parviennent pas à s’entendre sur le choix de leurs quinze représentants.

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Mis à jour le 8 décembre 2021 à 10:54

Mamadi Doumbouya, le 10 septembre à Conakry. Guinea’s Junta President Col. Mamady Doumbouya, centre, is heavily guarded by soldiers after a meeting with ECOWAS delegation in Conakry, Guinea Friday, Sept. 10, 2021. The junta that seized power in Guinea has ordered the central bank to freeze all government accounts in an effort to secure state assets and « preserve the country’s interest » and comes as a delegation of West African officials from the regional economic bloc known as ECOWAS arrives Friday in Guinea’s capital, to meet with the military officers who toppled President Alpha Conde © Sunday Alamba/AP/SIPA

C’est le principal point de crispation entre la communauté régionale et les autorités maliennes : la durée de la transition n’a pas encore été fixée par les responsables guinéens, trois mois après le coup d’État qui a provoqué la chute d’Alpha Condé. La clarification de l’agenda électoral du pays est pourtant l’une des demandes formulées par la Cedeao pour mettre fin au régime de sanctions visant la junte.

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Afin de rassurer l’organisation ouest-africaine, qui débattra à nouveau du sort des militaires le 12 décembre, le président Mamadi Doumbouya et son gouvernement espèrent donc que le Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif, sera créé d’ici là.

Arbitrage

Celui-ci doit en effet participer aux discussions sur le calendrier, puisque, selon l’article 77 de la charte de transition signée le 27 septembre, la durée de la transition doit être fixée « d’un commun accord entre les forces de la nation et le Comité national du rassemblement pour le développement [CNRD] ». Le CNT devra surtout élaborer et soumettre pour adoption par référendum un projet de Constitution.

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Les listes de ses 81 membres ou « conseillers » ont déjà été déposées auprès du ministre de l’Administration territoriale, Mory Condé, avant la date butoir du 25 novembre. Elles représentent les différentes composantes de la société, avec une part plus importante réservée aux partis politiques, qui disposeront de quinze conseillers au sein du CNT. Il s’est néanmoins révélé impossible pour les 181 formations officielles que compte le pays de trouver un consensus sur les critères de sélection. Elles ont donc soumis deux listes distinctes, ce qui a forcé le ministre à se charger lui même de l’arbitrage.

Liste parallèle

L’ancien ministre guinéen des Finances Ousmane Doré a géré une partie des discussions. Il a proposé de diviser l’ensemble des formations en sept coalitions, en fonction de leur représentativité et de leur poids électoral. Les deux principales coalitions politiques du pays – le RPG Arc-en-ciel, ancienne coalition présidentielle, et l’Alliance nationale pour l’alternance démocratique (ANAD), qui comprend une vingtaine de partis, dont l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo –, récupèrent dès lors quatre sièges chacune.

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Les sept sièges restants ont été répartis entre cinq autres coalitions, dont deux pour le FNDC (Front national pour la défense de la Constitution) et ses alliés, dont les anciens Premiers ministres Sidya Touré et Lansana Kouyaté. En dépit de cette répartition, certaines formations qui s’estimaient lésées ont décidé de déposer une liste parallèle avec quinze nouveaux noms.