Politique

Les Gambiens dans l’attente du nom de leur prochain président

Les Gambiens attendaient toujours dimanche de connaître le nom de leur prochain président, un fastidieux décompte en cours donnant un avantage net mais provisoire au sortant Adama Barrow au lendemain de ce vote crucial.

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Mis à jour le 5 décembre 2021 à 11:38

Lors de l’élection présidentielle gambienne à Bakau, le 5 décembre 2021. © Leo Correa/AP/SIPA

Seuls les résultats d’une quinzaine des 53 circonscriptions, publiés sur les comptes de la radio-télévision nationale, ont été communiqués depuis la fermeture des bureaux samedi 4 décembre à 17h (locales et GMT), plaçant Adama Barrow en tête.

Un officiel de la commission électorale devant laquelle les médias ont installé leurs caméras a indiqué à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que les résultats des circonscriptions seraient annoncés une par une, sans que la commission ne se prononce sur un vainqueur auparavant. Il escomptait que le processus serait achevé dimanche. Seul le président de la commission est habilité à annoncer les résultats, a-t-il insisté.

Duel annoncé

Les opérations sont rallongées par le peu de moyens dont dispose l’instance, la forte mobilisation apparente des électeurs et le procédé de vote très particulier à ce pays.

Les Gambiens se sont pressés par centaines dans les isoloirs samedi, et, en guise de bulletin, ont voté avec une bille introduite par un tuyau dans un des bidons aux couleurs et à l’effigie de chaque candidat, procédé institué sous la colonisation.

Environ un million de Gambiens, sur une population de deux millions, étaient appelés à choisir en un seul tour parmi six candidats, tous des hommes, celui qui dirigera le pays pendant cinq ans. L’élection était un duel annoncé entre le président sortant Adama Barrow et l’opposant historique, Ousainou Darboe.

Il y a cinq ans, Adama Barrow – ancien promoteur immobilier aujourd’hui âgé de 56 ans, alors quasiment inconnu -, avait déjoué les pronostics et battu Yahya Jammeh après plus de vingt ans de régime caractérisé par une multitude d’atrocités commises par l’État et ses agents : assassinats, disparitions forcées, viols, actes de torture…

Justice

Yahya Jammeh, qui refusait de reconnaître sa défaite, avait été forcé à s’exiler en Guinée équatoriale sous la pression d’une intervention ouest-africaine. La présidentielle de 2021 est la première sans lui depuis 1996. Adama Barrow revendique le retour des libertés, la construction de routes et de marchés, et la pacification des relations avec la communauté internationale.

Ousainou Darboe, 73 ans, avocat, quatre fois deuxième derrière Yahya Jammeh à la présidentielle, accuse le président d’avoir manqué à tous ses engagements pour rester au pouvoir. Adama Barrow est revenu sur sa promesse initiale de ne rester que trois ans au pouvoir. Il a aussi atténué ses engagements passés à faire rendre des comptes aux responsables des crimes des années Jammeh. Son parti nouvellement créé a au contraire noué une alliance avec celui de l’ancien autocrate.

Le prochain président devra décider s’il suit ou non les recommandations d’une commission chargée d’enquêter sur la période Jammeh, qui a demandé que les responsables des crimes commis à cette époque soient jugés.

Avec AFP