Politique

Libye : Seif el-Islam Kadhafi réadmis dans la course à la présidentielle

Mis à jour le 3 décembre 2021 à 11:29

Seif el-Islam Kadhafi, candidat à la présidentielle libyenne prévue le 24 décembre. © DR

Après avoir été disqualifié par la Haute Commission électorale, le fils de Mouammar Kadhafi a finalement vu sa candidature validée par la cour de justice de Sebha. Explications.

Le bras de fer a donc tourné à l’avantage de Seif el-Islam Kadhafi. Après avoir vu sa candidature, déposée le 14 novembre, rejetée par la Haute Commission électorale libyenne le 24 novembre, Seif el-Islam Kadhafi a de nouveau été admis dans la course à la présidence, sur décision de la cour de justice de Sebha, dans le Fezzan, le 2 décembre. L’élection présidentielle doit avoir lieu le 24 décembre, même si de nombreuses incertitudes continuent de peser sur la tenue du scrutin.

« La Haute Commission électorale a reçu des lettres à charge de procureurs contre la candidature de Seif el-Islam Kadhafi. Elle s’est laissée intimider mais tout est rentré dans l’ordre, nous avons toujours été optimistes, son dossier de candidature était complet », a confié à JA Tayeb Benabderrahmane, le conseiller franco-algérien du fils de Mouammar Kadhafi.

Selon la loi électorale votée par la Chambre des représentants – le Parlement de Tobrouk –, les candidats doivent présenter un casier judiciaire vierge et ne « pas avoir été condamnés pour un crime déshonorant » (sans davantage de précisions). Or Seif el-Islam Kadhafi a été condamné en 2015 par un tribunal de Tripoli.

Imbroglio juridique

Mais la loi d’amnistie générale votée par le Parlement de Tobrouk en faveur de tous les Libyens impliqués dans la crise de 2011 a ajouté de la confusion à son statut juridique, ses soutiens le considérant comme libre, le bureau du procureur de Tripoli jugeant, au contraire, que la nature des crimes dont a été reconnu coupable Seif el-Islam Kadhafi excluait son amnistie.

Par ailleurs, Seif el-Islam Kadhafi est toujours réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) pour son implication dans la répression de la révolte de 2011. La cour de justice de Sebha n’a pas démêlé cet imbroglio juridique, mais a jugé que rien ne s’opposait à la candidature du champion des « Verts ».

C’est une lutte à mort qui s’est engagée entre Seif el-Islam et Khalifa Haftar », confie un conseiller du fils de Mouammar Kadhafi

Au lendemain du rejet de sa candidature, Seif el-Islam Kadhafi et ses avocats ont tenté de déposer un recours devant cette même cour de justice, laquelle a été bouclée par des troupes loyales au maréchal Haftar, vraisemblablement pour les en empêcher.

L’épisode a donné lieu à un bras de fer de quelques jours entre Seif el-Islam Kadhafi et Khalifa Haftar. Les avocats de Seif el-Islam étant finalement parvenus à transmettre le dossier de recours aux juges, ces derniers n’ont pas pu immédiatement statuer sur la candidature en question, le tribunal étant à nouveau fermé par des forces pro-Haftar. Après plusieurs condamnations de ces manœuvres, notamment par la mission de l’ONU en Libye et le gouvernement de Tripoli, les juges on pu rendre leur décision le 2 décembre.

Reste que la rivalité entre les deux hommes, qui se disputent peu ou prou le même électorat, fait craindre des violences entre leurs partisans d’ici la tenue du scrutin présidentiel du 24 décembre. « C’est une lutte à mort qui s’est engagée entre eux », conclut un conseiller du fils de Mouammar Kadhafi.